Bon espoir pour Benamour

La Cour d’appel de Casablanca a réduit la peine prononcée à l’encontre de Hicham Benamour à 5 mois de prison au lieu d’un an dont il a écopé le 4 décembre dernier. Le nouveau jugement est tombé le 2 janvier dernier alors qu’il était attendu pour le 8. L’affaire, devenue très embarrassante pour les autorités marocaines, est passée presque inaperçue. La justice en a décidé ainsi. Le patron de Privair, âgé de 30 ans, espère voir son séjour en prison écourté plus tôt que prévu.
L’inculpé s’est retrouvé embarqué, presque à son corps défendant, dans une affaire qui l’a vite dépassé dès qu’elle a éclaté. Une affaire de pièces de rechange pour un Hercule C-130 de la compagnie aérienne libyenne et dont Privair a obtenu le marché de réparation. Pour ce faire, M. Benamour a passé via Internet des fournisseurs étrangers de ce genre de matériel. Un groupe américain, du nom de Derco aerospace, figurait parmi les entreprises contactées.
Après avoir livré le premier lot des pièces demandées, Derco demande à Privair de lui donner l’identité de l’utilisateur final. Dans sa réponse, le client cite un certain nombre d’organismes dont les Forces Royal Air (IFRA). Or, Privair ne travaillait pas pour le compte de ce corps de l’armée marocaine. À partir de là, tout s’emballe et M. Benamour, loin de penser qu’il a mis le doigt dans un engrenage dangereux, sera interpellé, interrogé et jugé. Pour les Américains, l’affaire est d’autant plus grave qu’il s’agissait d’un appareil militaire appartenant à un pays toujours soumis à un embargo militaire qu’une entreprise d’aviation marocaine était en train de réparer sur le sol marocain…
Du coup, ce qui était pour M. Benamour une simple affaire commerciale prend tout de suite une tournure politico-militaire avec, comme toile de fond, une conjoncture marquée par la lutte contre le terrorisme.
Le jeune patron de Privair, dont la bonne foi n’est pas mise en cause, a été victime de ces arrières-pensées.

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