Bouatou : «un projet doit créer de la richesse»

Bouatou : «un projet doit créer de la richesse»

ALM : Quelles sont les étapes que doit franchir un jeune porteur de projet avant de créer son entreprise ?
Mohammed Bouatou : La démarche, dans une logique bien organisée, consiste à avoir une idée novatrice. Le jeune qui souhaite créer son entreprise doit par la suite essayer de trouver un partenaire, notamment un incubateur, afin de valider son concept. Concrètement, l’incubateur va voir si l’idée est valable ou pas et va ainsi apporter son savoir-faire et ses compétences au porteur de projet.
Il va, par ailleurs, le renseigner et le conseiller par rapport à son idée, lui dire si elle est réellement innovante ou pas.
Par la suite, il y a tout le travail d’incubation qui consiste à s’assurer que l’idée a bien un sens. Ce travail consiste également à s’assurer que l’idée en question peut faire l’objet d’une création d’entreprise.
Car on peut avoir les meilleures idées du monde, sans pour autant qu’elles ne soient génératrices de revenus. A ce moment-là, quand l’idée est validée, la prochaine étape sera d’exploiter ce savoir-faire pour la création de l’entreprise à proprement dite.

Passé ce stade, quelles sont les étapes qui restent à franchir ?
En fait, à cette étape de la réflexion, on se pose beaucoup de questions. Il faut ainsi voir si l’entreprise peut vivre du produit qu’elle va créer. Il faut également discerner si le marché va accepter le produit et sous quelle forme. Passé ces étapes, le porteur de projet est amené à répondre à une question cruciale. Celle de savoir si l’idée, une fois mise en place, peut générer de l’argent ou pas. Si la réponse est positive, une quatrième étape reste à franchir. C’est celle de convaincre les financiers d’investir des fonds pour monter l’entreprise. Le porteur de projet a ainsi quatre étapes à franchir. Il s’agit d’abord d’avoir une idée novatrice, de la faire valider, de la traduire en projet de création d’entreprise et de lui trouver le financement nécessaire à son démarrage.

Concrètement, quel est le rôle de votre entreprise dans l’accompagnement des jeunes porteurs de projets ?
Notre rôle est d’assister les porteurs de projets dans la formalisation de leur stratégie de développement. Notre équipe de gestion analyse toutes les idées qui lui sont proposées, valide les plus méritantes et fait un travail de fond afin d’orienter le porteur de projet. Quand l’étape de l’incubation est franchie avec succès, le projet doit sortir avec des résultats. Une fois ce travail fait,  on aide le porteur de projet à l’élaboration d’un plan d’affaire, qui va amener le projet vers la création de richesse. Au Maroc, c’est cette étape de valorisation de la recherche scientifique qui nous manque. Il faut absolument mettre en place un instrument pour valoriser les projets.

Que proposent les sociétés de fonds aux porteurs de projets ?
Nous sommes très sélectifs. Lorsqu’il s’agit d’un projet qui nous intéresse, nous faisons tout pour sa réussite. Le fonds Sindibad intervient pour apporter des capitaux. Nous devenons ainsi actionnaires desdits projets. En fait, nous sommes des financiers intéressés par le placement de leurs fonds dans des projets. Et il ne faut pas oublier qu’une entreprise, si elle doit exister, c’est pour apporter des richesses. Notre équipe coopère ainsi étroitement avec celle des incubateurs et des structures similaires afin d’amener les projets au degré de maturité suffisant pour déclencher un investissement de sa part. Notre volonté est d’encourager la création d’entreprises valorisant les travaux de recherche des laboratoires publics et ainsi faire émerger au Maroc des entreprises innovantes et performantes. Le Maroc a, en effet, des compétences incroyables et qu’on peut réussir à faire percer.

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