Boumedienne Abbou : «Les parents ne doivent pas se substituer à l’enfant»

Boumedienne Abbou : «Les parents ne doivent pas se substituer à l’enfant»

ALM : Peut–on avancer que le suivi des parents pour leurs enfants est important ?
Boumedieme Abbou : L’accompagnement pédagogique des parents pour leurs enfants est d’une importance majeure dans l’orientation, l’aide et le suivi du cursus scolaire de l’élève. Son importance va crescendo du cycle primaire aux cycles supérieurs. Seulement les parents ne doivent en aucun cas se substituer à l’enfant, à l’enseignant ou à l’institution scolaire. Ils doivent aussi éviter de stresser leurs enfants ou de leur faire subir une pression qui peut engendrer des effets contraires aux résultats escomptés.

C’est à prendre donc avec la plus grande prudence et savoir-faire ?
Tout à fait. D’autant plus que la meilleure façon de suivre un enfant est de l’accompagner et faire en sorte qu’il soit sécurisé et valorisé pour qu’il puisse suivre son processus scolaire normalement comme un enfant et non comme un adulte. Il faut aussi éviter de tomber dans les accompagnements occasionnels comme le fait d’aider son enfant aux périodes des examens de la sixième, la neuvième ou le baccalauréat. En réagissant de la sorte, on cherche à produire un effet qui peut induire l’enfant en erreur. Cela risque de lui faire comprendre que l’apprentissage et les savoirs sont occasionnels et dépendent de niveaux précis. On démontre dans ce cas qu’on cherche une note plutôt qu’une évolution de la cognition et du savoir-faire. Et plus l’évolution ne se fait pas sous la pression et le stress ou en faisant miroiter le bon résultat en fin de compte. La note est ce qu’elle est mais il faut réussir dans sa scolarité à long terme pour réussir dans la vie. Le fait de penser plus à la note qui est une récompense immédiate peut tromper les parents sur le niveau réel de leurs enfants.

Il semble qu’il y a des fausses approches à éviter.
La faute fatale qu’il faut éviter est de ne pas laisser l’élève vivre sa vie d’élève. Si les parents sont toujours là à épier, surveiller, l’enfant trouvera toujours le moyen de détourner cela. Chose qui le poussera au mensonge et à travestir son évolution au lieu de le prendre dans le bon sens. Quant aux recettes magiques d’accompagnement, elles n’existent pas.
Il y a surtout une concertation réfléchie, sage et sereine à observer pour que son enfant mette avec conviction la main dans la pâte.

La relation parent –enseignant est- elle importante dans ce cas de figure ?
C’est la plaie la plus profonde de notre suivi et accompagnement car malheureusement
cette relation parents-professeurs de soutien est basée sur l’intérêt et non sur la réussite de l’enfant entant qu’être créatif et évolutif avec ses propres lacunes. Le rôle des parents et des associations des parents d’élèves est de tisser des relations à visée humaine. Un parent doit être en relation de complémentarité avec l’enseignant de son enfant.

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