Bras de fer entre le maire et les élus

Vendredi dernier, le siège du Conseil de la ville de Rabat a connu un énième épisode dans le bras de fer qui oppose le président, Omar Bahraoui, et les présidents d’arrondissements.
Cette-fois, c’est une conférence organisée par le président de l’arrondissement de Souissi, Faouzi Chaâbi, dans la salle de réunion du Conseil de la ville, qui a été carrément interdite. Cette conférence était relative au bilan de l’unicité de la ville, un an après l’entrée en vigueur de la nouvelle Charte communale. Chaâbi était accompagné de trois autres présidents d’arrondissements (Yaâcoub Mansour, Hassan et Agdal-Riad) ainsi que d’autres élus et journalistes.
Vers 15 heures 30, les portes du Conseil de la ville étaient fermées. Personne ne pouvait entrer. Selon Chaâbi, « le président Bahraoui craignait que l’on se prenne à sa gestion de la ville, c’est la raison pour laquelle il nous a tout simplement interdit l’accès au siège du Conseil ».
Selon le Dr. Abderrahim Chab, membre du Conseil de la ville et chargé des relations extérieures, « le bureau n’a rien reproché au thème du séminaire. Toutefois, il a estimé que la salle du Conseil ne pouvait être utilisée que pour les réunions à caractère délibératoire ». Et d’ajouter que « le président Bahraoui a saisi Chaâbi de cette décision, l’invitant même à organiser sa conférence dans les différentes salles et complexes culturels de la capitale ». Chaâbi a estimé que l’attitude du président est doublement condamnable. D’une part, car « les invitations avaient déjà été envoyées aux 200 personnes environ qui devaient assister au séminaire ». Et d’autre part, car la salle du Conseil de la ville a déjà été utilisée par le président pour des cérémonies n’ayant aucun lien avec les délibérations du Conseil.
Effectivement, assure le Dr. Chab, « le conseil a organisé une cérémonie de remise de prix à des cavaliers dans le cadre des festivités célébrant la Fête du Trône ».
En tout cas, malgré l’interdiction d’utiliser la salle, les présidents d’arrondissements ont improvisé une conférence de presse devant l’entrée principale du Conseil de la ville. « Notre but n’est pas de nous attaquer à la personne de Bahraoui », a affirmé Chaâbi. « Tout ce que nous voulons c’est que les rapports entre lui et les présidents d’arrondissements soient clairs », poursuit-il. A titre d’exemple, « Bahraoui ne devrait plus signer les autorisations de construire des villas, car en vertu d’une circulaire du ministre de l’Intérieur, cet acte revient au président d’arrondissement ». Dans le front des opposants d’Omar Bahraoui se trouve notamment, Houssine Kerroumi du PJD, président de l’arrondissement Yaâcoub El Mansour. Celui-ci est d’ailleurs tombé en disgrâce au sein de son parti à cause de ses positions à l’égard du président de la municipalité, soutenu par d’autres élus du PJD.
Force est de constater que les tensions entre les présidents des arrondissements et la municipalité est loin de prendre fin. C’est même tout à fait normal car dans une ville comme Rabat, dont le statut est assez particulier. Le wali, qui est co-ordonnateur du budget de la ville avec le maire, commence à lâcher du lest, encore faut-il que les élus soient à la hauteur de cette responsabilisation.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *