Cadrage : Il ne faut pas perdre le nord

Al Hoceïma et ses environs continuent à pleurer leurs morts et à panser leurs blessures sur fond de deuil et de tristesse. Les équipes de secours, qui ont décidé de suspendre leurs recherches deux jours après la catastrophe, ont eu contre eux un relief montagneux difficile, l’éparpillement sur plusieurs kilomètres des zones d’habitations touchées par la catastrophe. D’où la difficulté de la tâche des secouristes pour sortir les victimes des décombres et des gravats. L’état de l’aéroport de la ville, un petit aéroport sous-équipé en fait , n’a pas favorisé l’acheminement rapide et efficace de l’assistance. Les mauvaises conditions météorologiques, à savoir les fortes précipitations qui se sont abattues sur la région, ont ajouté à la complexité de la situation. Autrement dit, les équipes de sauvetage ont dû affronter des contraintes qui ont rendu délicate la gestion des conséquences du drame. Un séisme est un séisme, une catastrophe naturelle qui provoque sur le coup des pertes humaines et matérielles nonobstant l’importance des moyens disponibles ou mis en oeuvre. Les secouristes ont sauvé ce qu’ils ont pu sauver…
Il faut saluer la mobilisation dès les premières heures de la catastrophe des différents corps de sécurité : FAR, Gendarmerie, police, protection civile, Fondation Mohammed V pour la solidarité ainsi que les pays amis qui ont dépêché sur le lieu du drame des équipes spécialisées.
Or, les habitants d’Al Hoceïma sont aujourd’hui entre colère et impatience. Ils ne veulent pas regagner leurs maisons, réclamant des tentes et des vivres qu’ils pensent à tort avoir été détournés. Ce n’est pas vrai. Cette situation a débouché sur des mouvements de protestation et même des affrontements avec les forces de l’ordre. En fait, par sa réaction de panique où se mêlent douleur et peur, la population empêche l’aide de s’organiser et d’arriver aux villages sinistrés selon un ordre de priorité établie par les autorités. L’affolement débouche sur les pillages et la création d’un climat délétère dans la région. Après les ravages du séisme qui a emporté plus de 500 personnes et fait autant de blessés, les rescapés déversent leur courroux sur les officiels comme s’ils étaient leurs adversaires. S.M le Roi Mohammed VI, qui suit de très près la situation d’Al Hoceïma, a présidé jeudi 26 janvier au Palais royal de Tanger une deuxième séance de travail pour s’enquérir de l’état d’avancement des opérations de secours et l’acheminement de l’aide.
Il est vrai que le Maroc n’a pas l’habitude des tremblements de terre. En dehors de celui qui a détruit Agadir en 1960 provoquant près de 12.000 morts, le Maroc a été Dieu merci jusqu’ici épargné. C’est naturellement que le pays a été pris au dépourvu par la tragédie d’Al Hoceïma où le terrain est de surcroît extrêmement difficile. Les pouvoirs publics sont désormais appelés à se doter des moyens adaptés aux séismes et à former des brigades spécialisées dans le domaine. Cela n’arrive pas qu’aux autres.

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