CAGE BLINDÉE POUR LES TERRORISTES

CAGE BLINDÉE POUR LES TERRORISTES

Les attentats du 16 mai à Casablanca. Tout le monde en parle, en ce matin du lundi 21 juillet, dans les quatre coins de la Chambre criminelle près la Cour d’appel de Casablanca. Les policiers en civil et en tenue, les éléments de la Compagnie mobile d’intervention (CMI) et les sapeurs-pompiers, sont là depuis 6h du matin. Ils déploient un dispositif sécuritaire impressionnant. Les représentants des chaînes de télévisions installent déjà leurs caméras devant l’entrée du sous-sol du siège de la Cour d’appel. L’accès à cette dernière n’est pas autorisé aux membres des familles des prévenus impliqués dans ces attentats. Ils sont restés en dehors de l’enceinte de la Cour. Des femmes, en majorité. Une mère qui a requis l’anonymat souligne que : «Nous voulons voir nos enfants…Nous étions interdits de les voir depuis deux mois… ». L’épouse d’un autre, une femme voilée, qui veut également garder l’anonymat, proteste : « Nous avons lu dans les journaux que l’audience serait publique…Mais nous avons constaté qu’elle est à huis clos… ». L’accès à l’enceinte de la cour n’est pas facile. Un détecteur de métaux et un appareil à rayon X servant au contrôle des sacs et cartables sont installés à l’entrée. Les personnes et les objets y sont soumis sous le contrôle des policiers. Rien ne filtre sans contrôle. 8h 30mn. La salle d’audience n°8 s’ouvre. C’est là où les prévenus impliqués dans les attentats sanglants du 16 mai seront jugés, contrairement à l’ «émir de sang», Youssef Fikri et ses complices, qui ont été jugés à la salle n°7. Certes, cette dernière est plus spacieuse. Mais la première semble plus sécurisée. Outre sa grande porte donnant sur le hall de la cour, elle comporte une deuxième porte donnant directement sur le sous-sol. L’assistance est surprise par la présence inhabituelle d’un box installé à la gauche de l’entrée. Une sorte de cage en verre pare-balles. Des sources concordantes nous confirment qu’elle a coûté quelque 200.000 dirhams. Il fallait attendre 9h pour entendre les sirènes retentir. Neuf fourgonnettes, escortées de cinq fourgons des éléments de la CMI et par des motards, arrivent et entrent au sous-sol de la Cour d’appel. Elles transportent les cinquante-deux détenus. Une information commence à circuler aussitôt : le Français, Pierre Richard, ne se trouve pas parmi eux. Pourquoi ? Il sera jugé avec un autre groupe. A la salle d’audience, toute l’assistance attend impatiemment l’entrée des prévenus. Les minutes s’égrènent lentement, comme autant d’heures. Une heure quinze minutes passe avant que le premier détenu accède à la cage en verre, suivi par les autres prévenus, tous barbus à l’exception de deux personnes, les uns vêtus en gandoura et bonnets et les autres en pantalons, tricots et blousons. Les avocats, les représentants des médias, les policiers en civil se lèvent. La curiosité les pousse à dévisager les prévenus. Chacun cherche le kamikaze Mohamed Omari, veilleur de nuit, âgé de 24 ans, qui a renoncé à la dernière minute à se faire exploser à l’hôtel Farah (ex-Safir) et qui a été arrêté sur les lieux alors qu’il s’apprêtait à prendre la poudre d’escampette. Ils ne s’intéressent pas beaucoup à l’autre kamikaze, Rachid Jalil, soudeur qui a renoncé également à faire exploser la charge qu’il portait sur lui devant le Cercle de l’Alliance Israélite. Et qui était retourné chez lui pour se raser la barbe et changer son habillement «afghan» par un pantalon et un tee-shirt et s’est rendu par la suite chez Abderrazak R’tioui, considéré comme le principal coordinateur des 14 kamikazes. Quelques minutes plus tard, c’est l’arrivée de Lahcen Tolfi, le président de la cour, suivi de ses quatre assesseurs Abdellatif Âbide, Tahar Bendaoud, Mustapha Aâguilou et Saïd Saâd, du représentant du ministère public, Saoudi Grine et du greffier,Jamal Idrissi Sidi Mohamed. Et le coup d’envoi est donné par l’appel des trois prévenus du premier dossier. Il s’agit des deux kamikazes Mohamed Omari et Rachid Jalil et d’un candidat-kamikaze, Yassine Lahnech. La Cour a appelé ensuite les six candidats-kamikazes du deuxième dossier, à savoir Mokhtar Baoud, Khalid Mourrassil, Abderrazak R’tioui, Abdessamad Louald, Abdelghani Chafiî et Brahim Âchiri. Les prévenus du troisième dossier comprenant 19 prévenus, à savoir Hassan Taoussi, Hassan Benhaffou, Saïd Mellouli, Hicham Âlami, Mohamed Mouhim, Mohamed Falafil, Redouane Lamfadel, Abdelkrime Bouhaji, Driss naji, Jaouad Lamchelegue, Mohamed Laâssel, yassine Labied, Redouane Chawki, Saïd Amzil, Abderrahim Madrak, Mohamed Ghafi, Mohamed Aâtour et Redouane Khettabi. Le quatrième dossier comprend 7 prévenus, à savoir, Khalid Aït Chihab, Aziz Chafiî, Mahjoub Grimet, Mohamed Rafiî, Sidi Ali Bouiri, Abdelhak Mouhime et Abdellatif Amrine, frère de Rachid, condamnés à la peine perpétuelle dans le dossier Youssef Fikri et Mustapha Amrine acquitté dans le même dossier. Ces quatre dossiers ont été reportés à l’audience du vendredi 25 juillet sur demande de la défense. Après quoi, le président a appelé les 17 autres prévenus du cinquième dossier. Il s’agit de Mohamed Janah, Ahmed Makhfi, Salahdine El Haddad, Mustapha Hayria, Saïd Ben ÃŽsse, Mhindate Abdelhak, Omar Kassi, Rached Jadel, Abdelilah Sebbar, Abdelhak Sebbar, Saïd Nadiri, L’Houcine Aït Ouârab, Saleh Hassi, Bouchaïb Nouhar, L’Houcine Mrabti, Abdelhadi Raoui et Azzedine Gharraf. Ce dossier a été reporté à l’audience du lundi 28 juillet. Sous la même haute surveillance, les prévenus ont quitté la salle d’audience et le tribunal pour être dirigés vers la prison d’Aïn Borja. Auparavant, ils étaient à la prison civile de Salé. Signalons qu’aujourd’hui, la même chambre ouvre le dossier de Abdellah Âmmari et Filali Ahmed Azmir, avocats du barreau de Casablanca, impliqués dans le dossier de la Salafiya Jihadia, ainsi que celui de Abdeslam Kelli, Mohamed Habibi et Abdelkbir Goumra, du même courant.

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