Campagne contre le henné

Campagne contre le henné

Le Henné est désormais accusé de tous les maux. Après l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (AFSSAPS), c’est le Centre Antipoisons, à Bruxelles, qui prend le relais. Au tout début de la saison estivale, les deux organisations montent au créneau et s’attaquent à un produit des plus utilisés au Maroc et ailleurs. À coups d’arguments scientifiques, l’AFSSAPS et le Centre Antipoisons précisent que le danger provient d’une manière particulière du Henné noir. « La couleur naturelle du Henné est brun rouge. Pour obtenir une couleur plus foncée, on ajoute d’autres ingrédients : s’il s’agit d’extraits d’indigo, cela ne pose pas de problème. Mais le plus souvent, c’est de la paraphenylènediamine (PPD), un produit de synthèse bon marché qui est ajouté. La PPD provoque chez certaines personnes une réaction allergique. Cette allergie va persister toute la vie avec des conséquences au quotidien ».
C’est en ces termes que le Centre Antipoisons tire la sonnette d’alarme et conseille les Belges de ne plus toucher à cette matière. Et d’ajouter : « que la paraphenylènediamine est une substance très allergisante.
La législation européenne interdit la présence de PPD dans les produits cosmétiques destinés à être appliqués sur la peau ». Le danger est donc réel et pourrait se répercuter particulièrement sur les dizaines de « Hannayates » de la célèbre place de Jamaâ El-Fna, à Marrakech. Les touristes pourraient tourner le dos à une pratique ainsi diabolisée. Dans une déclaration à l’agence de presse AFP, le Dr Martine Vigan, président du groupe de travail sur la sécurité d’emploi des produits cosmétiques à l’AFSSAPS, a annoncé qu’il a « rédigé un signalement aux autorités européennes demandant de lancer des campagnes d’information sur les risques encourus ».
Cette agence a même haussé le ton en souhaitant que les services des fraudes (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) fasse des contrôles sur les lieux de vacances dès cet été. L’affaire est sérieuse.
Et pourtant le coup de grâce vient d’être asséné par un professionnel français. Citant le Pr Annick Barbaud, dermatologue à l’hôpital de Nancy, la revue mensuelle « 60 millions de consommateurs» raconte le cas d’une jeune femme hospitalisée dans un état dramatique à son retour de vacances. «Faut-il attendre un décès pour limiter cette pratique !», renchérit le dermatologue.
Il faut noter que « 60 millions de consommateurs » est un magazine édité par l’Institut nnational de la consommation et qu’il est également mis en ligne sur «60 millions-mag.com».
Si sous d’autres cieux le Henné suscite tant de débat, au Maroc il reste toujours cet acte symbolique qui accompagne les fêtes. Une belle manière de perpétuer une tradition ancestrale du pays.

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