Carte sanitaire : mieux vaut tard que jamais ?

Carte sanitaire : mieux vaut tard que jamais ?

La mise en place de la carte sanitaire se fait attendre. «Le Maroc a pris trop de retard pour mettre en place une carte sanitaire. Il a fallu attendre 20 ans pour que le projet revienne sur le devant de la scène. Le ministère de la Santé doit agir dans les plus brefs délais car notre population souffre», déclare à ALM Ali Lotfi, secrétaire général de l’Organisation démocratique du travail (ODT).
Depuis lundi, se tient le forum national sur la carte sanitaire. Une occasion pour le ministère de la Santé de présenter le cadre législatif et réglementaire de ce projet et d’exposer son expérience de schéma régional d’offre de soins (SROS) qui a concerné six grandes régions du Maroc. Cette carte vise à déterminer le cadre le plus approprié pour le développement des différentes composantes de l’offre de soins (infrastructure, équipements et ressources humaines). Elle permet par conséquent d’avoir une vision des besoins en soins des populations et une répartition judicieuse des infrastructures, des équipes et des ressources humaines sur l’ensemble du territoire. Cette carte qui est un ensemble de données, de documents d’information et de prospective sur les besoins de santé et de ressources sera- t-elle en mesure de réduire les inégalités d’accès aux soins ? «Cette carte peut apporter un changement par rapport à la situation actuelle à condition qu’elle soit bien faite», note Dr Mohamed Naciri Bennani, président du Syndicat national des médecins du secteur libéral (SNMSL). Pour le secrétaire général de l’ODT, cet objectif sera difficile à atteindre. «Les inégalités sont flagrantes. Le ministère de la Santé doit orienter davantage son plan d’action vers les régions rurales et les zones enclavées qui sont sous-médicalisées et confrontées à un manque crucial d’infrastructures hospitalières et du personnel médical. Là où il y a un manque, il faut le combler». L’implication du secteur libéral est fondamentale pour une véritable carte sanitaire du pays. «Nous sommes prêts à aller travailler dans les régions lointaines mais le gouvernement doit nous encourager à travers certains avantages (exonération des impôts, terrain pour construire un cabinet, une clinique). Nous devons également trouver des infrastructures adéquates pour nos familles et l’éducation de nos enfants», affirme Dr Naciri Bennani. Mais le véritable problème est celui de la couverture médicale. «La couverture médicale constitue un problème beaucoup plus sérieux que la carte sanitaire. Il est inadmissible qu’aujourd’hui seulement 30% de la population ait accès à la couverture médicale. Il faut généraliser cette couverture aux médecins du secteur libéral. Les médecins privés au Maroc vivent dans l’insécurité: ils n’ont ni sécurité sociale, ni retraite, ni assurance invalidité. Ils sont nombreux à vouloir quitter le pays vu le système de santé actuel», note Dr Naciri Bennani. Selon M.Lotfi, cette couverture marginalise les populations pauvres. «Dans certains hôpitaux publics, on refuse le certificat d’indigence et les patients pauvres sont alors contraints de payer». Le chemin est encore long pour parvenir à l’équité et à une répartition appropriée de l’offre de soins.

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