Casablanca entre le religieux et le profane

Animant une conférence intitulée «la grande mosquée dans le projet urbain de Casablanca», organisée dans le cadre du 13ème festival international de la géographie qui se déroule à Saint-Dié-Des-Vosges (est de la France) avec le Maroc comme invité d’honneur et sous le thème «religion et géographie», le géographe français Raffael Cattedra, de l’Université de Montpellier, a commencé par présenter Casablanca comme une ville de modernité qui doit sa notoriété et son expansion rapide à l’édification, au début du siècle dernier, de son port artificiel. Casablanca avait été conçue au départ en fonction des besoins de la société coloniale de l’époque, et cela a été assez visible par l’absence éloquente de mosquées, notamment dans le centre ville, a ajouté M. Cattedra.
«La ville avait besoin de retrouver un signe fort de spiritualité, et un signe de changement fort après l’indépendance du Maroc. C’est dans cet esprit que le regretté souverain a mis en oeuvre ce grand projet architectural et patrimonial», a-t-il dit.
Après avoir rappelé que tous les Marocains, à travers une grande campagne de souscription nationale, ont participé à la construction de la mosquée et insisté sur les moyens techniques exceptionnels mis en oeuvre pour l’édification de ce monument, avec un minaret de 200 mètres, le plus haut du monde, une salle de prière pour 20.000 personnes, une medersa, des bibliothèques, des musées, une esplanade de 80.000 mètres carrés, le conférencier a souligné que la mosquée Hassan II est aujourd’hui la plus grande au monde après celles de la Mecque et de Médine. «Elle est devenue l’emblème d’un islam tolérant, ouvert sur l’autre et porteur d’un message d’universalité», ajoute-t-il avant de souligner que ce grand complexe de l’Islam a été un événement déclencheur d’une véritable action de restructuration de la plus grande métropole du royaume. Trois grands projets ont ainsi vu le jour. Il s’agit de la grande avenue royale qui constitue une voie de liaison entre l’esplanade de la mosquée et le centre ville.
Le deuxième porte sur la construction d’une nouvelle ville, la cité Annassim, à quelques kilomètres à l’est de Casablanca qui devrait accueillir plus de 100.000 habitants, notamment ceux concernés par la construction de l’avenue royale. Le troisième concerne la nouvelle corniche de Casablanca qui sera aménagée à l’ouest de la mosquée. Et le conférencier d’expliquer comment le religieux et le sacré peuvent intervenir pour réorganiser et restructurer toute une ville de la dimension de Casablanca.

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