Casablanca sombre dans la malpropreté

Casablanca, Dar El Beida, n’est plus blanche comme l’indique son vieux nom et comme l’espèrent toujours ses habitants et ses visiteurs. Le week-end dernier, dire que la situation est un tableau noir relève de l’euphémisme. Des amoncellements de détritus et autres résidus ménagers sont semés tout au long des principaux boulevards, avenue Mohammed V, Hassan II, Anfa, dans les rues et les ruelles, devant les immeubles.
En trois jours, les poubelles et autres bacs à ordures sont complètement remplis. A côté, des points noirs se sont formés au bout des rues. Des sacs en plastique, et autres, surchargés d’ordures viennent s’entasser dans des monticules de déchets.
Les bouffées empestées, qui se dégagent de ces endroits, assaillent journellement les pauvres âmes qui habitent les voisinages et les visiteurs de la capitale économique. Les raisons, qui sont derrière cet état de faits, résident dans les débrayages successifs des éboueurs ces dernières semaines, mais aussi dans l’irrégularité des passages de ramassage des ordures, notamment dans les quartiers populaires et populeux. Ces derniers, avec le phénomène des marchands ambulants qui laissent derrière eux chaque soir et n’importe où le reste des légumes et fruits invendus, sont devenus de véritables dépotoirs.
Pis encore, les murs de certaines habitations sont devenus des étables pour tout ce qui est en relation avec les ordures. Des chevaux, des grisons et des mulets y sont attachés.
Les habitants de la métropole se demandent si à chaque fois que les éboueurs observent une grève, les familles casablancaises allaient en payer chèrement le prix. Et comme par hasard, les arrêts de travail dans ce secteur coïncident souvent avec le week-end, deux jours avant ou après. Cette semaine, les 2 et 3 juillet, cette catégorie professionnelle débraye, une autrefois, après une seule journée de travail. Force est de constater que cette journée de lundi ne suffit pas pour nettoyer les saletés de trois jours. Et après la grève, la reprise, pendant deux jours avant le week-end, est également insuffisante pour ramasser le cumul des détritus qui seraient entamés dans la ville. Cela revient à dire que la capitale économique du pays sombrera encore dans les ordures. Et pendant cette période de chaleur, on imagine l’atmosphère dans les artères du pôle économique du pays. Cet état de choses aura indubitablement des répercussions négatives sur la santé des habitants et l’image de la ville. Un autre coup dur pour le tourisme, à un moment où les efforts sont déployés par les différentes parties en vue d’atteindre dix millions de touristes à l’horizon 2010. Ce qui pousse à dire que la question de déléguer la gestion des ordures dans la capitale économique du pays à une société privée, spécialisée en la matière, s’impose plus que jamais. Il en va du bien des habitants, de la ville et du pays en général.

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