CCDH : à la mémoire des victimes de 1965

CCDH : à la mémoire des victimes de 1965

Le Conseil consultatif des droits de l’Homme (CCDH) organise ce vendredi 16 juin 2006 une cérémonie de recueillement à la mémoire des victimes des émeutes urbaines du 23 mars 1965 à Casablanca. Selon un communiqué du CCDH, cette cérémonie est organisée après les rencontres de Driss Benzekri avec les familles des victimes et suite auxquelles ces dernières ont eu accès à toutes les informations recueillies par l’IER (Instance Equité et Réconciliation), mais aussi par la commission de suivi des travaux de cette dernière.
Selon une source au CCDH, les victimes identifiées jusque-là sont au nombre de 27 alors que le total est estimé à 50 personnes comme l’avait révélé le rapport final de l’IER. Ce rapport, rendu public après la fin du mandat de l’Instance, indique que ces 50 victimes font partie des 325 personnes considérées auparavant comme "portées disparues", mais qui se sont révélées victimes des émeutes urbaines et sociales de 1965, 1981 et 1990, entre autres. Le rapport de l’IER affirme que ces dernières ont été victimes d’un "usage disproportionné de la force publique".
Selon divers témoignages de l’époque des faits, les émeutes du 23 mars 1965 ont eu lieu suite à une circulaire de Youssef Belabbès, ministre de l’Education au moment des faits, qui mettait hors circuit éducatif les personnes ayant atteint 16 ans révolus sans avoir réussi leur certificat d’études primaires. Ces derniers devaient être orientés vers des filières d’apprentissage technique et industriel. Pour de larges couches sociales casablancaises, cette circulaire était l’équivalent d’une privation du droit à l’enseignement garanti par la Constitution. Une première marche partie du lycée Mohammed V, le 22 mars 1965, a été dispersée sans heurts notoires avec les forces de l’ordre. Le lendemain, Casablanca vivra des moments dramatiques avec des actes de vandalisme dans plusieurs quartiers de la métropole. En début d’après-midi, l’armée est intervenue pour ramener le calme. Plusieurs témoins affirment qu’à cette époque, le général Oufkir, depuis un hélicoptère, survolait les foules et tirait lui-même dans le tas. Deux mois plus tard, Feu Hassan II décrétait l’état d’exception.
La cérémonie organisée ce vendredi à Casablanca entre dans le cadre des recommandations de l’IER et vise à aider les familles des victimes à faire leur deuil. Présidée par Driss Benzekri, cette cérémonie démarrera à neuf heures et se poursuivra, au siège de la préfecture de Aïn Sebaâ, avec une cérémonie religieuse à la mémoire des victimes.
Les ONGs des droits de l’Homme ont été conviées à ces cérémonies, aux côtés des associations représentant les familles des victimes, mais aussi les autorités locales et les membres du CCDh et de l’ex-IER. Les investigations de l’IER ont permis de déterminer que 325
personnes, considérées comme des disparues, sont décédées lors des événements sociaux de 1965, 1981, 1984 et 1990, du fait d’un usage disproportionné de la force publique lors de ces événements, indique le rapport final de l’IER. Sur ce chiffre global, on retrouve, pour le seul Casablanca, 50 victimes durant les événements du 23 mars 1965 et 114 durant ceux de 1981.

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