Ce n’est que partie remise

Ce n’est que partie remise. C’est l’impression qui prévaut à l’issue de la réunion du Conseil de Sécurité autour de l’affaire du Sahara marocain. L’instance onusienne a remis à plus tard le débat sur le fond pour sortir de la crise. Il était question jusqu’à la dernière minute que l’instance onusienne opte pour l’accord-cadre, à savoir l’autonomie des provinces sahariennes sous souveraineté marocaine.
En attendant, les membres du conseil de sécurité ont adopté à l’unanimité la résolution 1406 par laquelle ils ont renouvelé pour trois mois (jusqu’au 31 juillet) du mandat de la Minurso, à quelques heures de son expiration mardi 30 avril. À ce sujet, deux projets de résolution étaient mis en avant. Le premier, à l’initiative des Etats-Unis, demandait un renouvellement de trois semaines du mandat de la Minurso et le second, présenté par la Russie, voulait prolonger ce mandat de six mois.
Aux termes des négociations, la poire a été partagée en deux. Va donc pour trois mois. Un délai accepté par tous. Mohamed Benaissa, ministre des Affaires Étrangères et de la coopération, a expliqué que le projet américain d’adoption de l’accord-cadre pour une solution du conflit artificiel du Sahara marocain est toujours de rigueur. Par ailleurs, le ministre a exprimé son étonnement vis-à-vis de l’attitude du représentant de la Russie, qui assurait la présidence tournante du conseil, qui a demandé d’introduire des amendements au projet américain pour englober l’option de partition. cette attitude, a-t-il dit, est en contradiction totale avec la position du ministre des Affaires Etrangères russe, Igor Ivanov exprimée lors de la visite de M. Benaissa en Russie et du ministre russe au Maroc.
M. Ivanov avait en effet affirmé que son pays ne soutient absolument pas l’option de partage du Sahara, et que vu les relations amicales qu’elle entretient avec le Maroc et l’Algérie, la Russie est disposée à jouer un rôle positif dans la recherche d’une solution au conflit.
L’Algérie, par le biais de son ministre des Affaires africaines, s’est empressée de crier victoire en se félicitant du “sens des responsabilités du conseil de sécurité“. Même soulagement du côté du Polisario, qui a expliqué, par la voix de son représentant à New York, que le délai de trois mois accordé à la Minurso est “un signal fort pour permettre au conseil de sécurité d’explorer dans la sérénité et la transparence “ toutes les solutions proposées. Quant à l’Espagne, qui devient désormais un acteur qui s’assume dans le dossier du Sahara, un journal espagnol a rapporté que José Maria Aznar expliquera prochainement à Georges Bush pourquoi Madrid “ne peut modifier sa position de soutien à la tenue d’un référendum d’autodétermination“.
En fait, la seule solution concrète qui existe sur le terrain, malgré les gesticulation des adversaires, c’est que le Maroc est chez lui, à l’aise, dans ses provinces du sud.

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