C’est la saison du marché de la fripe

Le marché de la fripe. Un secteur juteux. Et tant que le pouvoir d’achat de la majorité des Marocains est en dégradation perpétuelle, cette activité continuera, sans nul doute, à battre son plein dans toutes les contrées du royaume. A Rabat, le souk El Ghazl, situé dans la préfecture de Yacoub Al Mansour, est un exemple significatif dans ce sens.
Cet espace est le rendez-vous chaque dimanche entre les hommes d’affaires en matière de fripe, fripiers, et leurs clients, issus notamment des quartiers populaires de la capitale administrative, de Salé et de leur périphérie. Très tôt le matin, dès que les balles de fripe s’ouvrent, les femmes se précipitent en vue de dénicher un foulard, une robe de marque étrangère, un tricot, une nappe de table ou de morceaux de tissu.
Peu importent la couleur, la mode et la qualité du tissu, seul le prix est déterminant. Mais, dans certains cas, il y a des objets de toutes les couleurs et de tous les goûts avec des prix relativement élevés. « Chaque produit à ses clients », dit le vieil adage. Dans les souks hebdomadaires dans les campagnes et les petits villages, on trouve une large place réservée uniquement à ce type de commerce. Ces endroits connaissent toujours une forte affluence.
Les vêtements, de seconde main, exposés à la vente, proviennent généralement du nord du pays ou de l’étranger. En cette période de vacances, certains marocains résidant à l’étranger approvisionnent très bien le marché de la fripe. On les voit avec des camionnettes pleines de vêtements d’occasion et d’autres objets, destinés, disent-ils aux points de contrôle, le long du trajet, à la famille, comme cadeaux. Mais en réalité, c’est d’une activité commerciale qu’il s’agit. Ils visent les quartiers populaires et transforment leurs véhicules en magasins mobiles. Certains font même la navette entre le nord du pays et certaines villes européennes pour s’en approvisionner. Contrairement à la contrebande des matériels de l’électroménager ou de produits alimentaires, celle de l’habillement est difficile à contrôler. Les deux villes marocaines occupées, Sebta et Mellilia, constituent la source de contrebandiers en matière de fripe. Le circuit commence à proximité des deux présides occupés et se termine dans toutes les autres villes du royaume.
Dans chaque ville, on trouve un marché de fripe. Une activité fructueuse. Et tout le monde en trouve son compte. C’est un type de commerce qui demande beaucoup de réflexes et une parfaite connaissance du domaine, affirme un vieux fripier dans les parages du kissariat de Hay Mohammadi à Casablanca. Des fois, précise-t-il, on achète une balle à plus de 10.000 dirhams et on découvre en fin de compte que les vêtements, qui sont à l’intérieur, sont complètement déchirés et maculés. Même, les plus professionnels, en la matière, pourraient être induits en erreur. C’est dire que ce type de commerce ressemble, dans certains cas, aux jeux du hasards. Et puisque il y a toujours des clients qui se rabattent sur les habits usagés provenant de l’autre rive, les fripiers continuent de miser.

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