Chantiers 2017 : Construction du 1er centre national de sécurité routière à Benslimane

Chantiers 2017 : Construction du 1er centre national de sécurité routière à Benslimane

Entretien avec Benacer Boulaajoul, secrétaire permanent du Comité national de prévention des accidents de la circulation (CNPAC)

Le comité vise à accompagner la mise en œuvre de la stratégie gouvernementale de sécurité routière par un plan de communication global lui garantissant les meilleures conditions de réussite.

ALM : Quelles ont été les principales réalisations du CNPAC durant l’année 2016?

Benacer Boulaajoul : L’année 2016 a été marquée par des actions de communication d’envergure destinées aux différentes catégories d’usagers de la route. A l’ère de la convergence médiatique et de la communication intégrée, le Comité a opté pour des actions : 360 déployées sur les différentes techniques, notamment la télévision, la radio, le cinéma, l’affichage, le digital et le hors média. Une approche participative a également été adoptée avec des acteurs économiques et professionnels ainsi que des composantes de la société civile.

Ces actions ont mis l’accent sur les différents thèmes de la sécurité routière ayant un impact direct avec la mobilité quotidienne des usagers de la route. Par ailleurs, la campagne phare de l’année demeure l’opération de communication et de sensibilisation «Je suis piéton» dont le coup d’envoi a été donné lors de la célébration de la Journée nationale de sécurité routière le 18 février 2016. Elle s’est accordée à donner une importance cruciale aux piétons considérés comme des usagers vulnérables. En effet, nous dénombrons une moyenne de 1.000 tués, chaque année, représentant 28% du nombre total des tués et plus de 20.000 blessés, correspondant à plus de 20% du nombre total de blessés.

Les accidents de circulation impliquant des piétons se produisent généralement à cause de la traversée anarchique des piétons et de l’inattention des conducteurs. De ce fait, un spot didactique et ses différentes déclinaisons sur la radio, l’affichage et le Web ont été appuyés par des actions de proximité organisées en collaboration avec les composantes de la société civile dans les différentes régions du Royaume.

S’agissant des actions phares de l’année 2016, il y a lieu de relever la caravane itinérante de sécurité routière qui a ciblé 42 villes et plus de 75.000 enfants. Signalons également l’opération colonies de vacances, l’opération de sensibilisation destinée aux MRE, démonstration et présentation de véhicules accidentés (en réseau routier et milieu urbain), l’action contrôle – sensibilisation en collaboration avec la DGSN. Parmi les autres actions figurent la sensibilisation des usagers de la route, l’opération de communication sur la thématique «pneumatique, fatigue et somnolence», l’opération de communication lors des grands départs (vacances et aids) et la sensibilisation des GRV et ports.

Quel est votre programme d’action pour l’année 2017?

Le comité vise à accompagner la mise en œuvre de la stratégie gouvernementale de sécurité routière par un plan de communication global lui garantissant les meilleures conditions de réussite. De ce  plan quinquennal 2017-2021 découle le programme d’action du comité pour l’année 2017 qui s’articule autour d’une communication institutionnelle pour créer, asseoir et confirmer la notoriété de la politique gouvernementale, du CNPAC et de ses différents partenaires.

En outre, le programme comprend des actions de communication comportementale pour agir sur les facteurs récurrents des accidents de la circulation et corriger les attitudes négatives des usagers de la route. Une communication didactique et de vulgarisation s’avère également primordiale pour informer le public sur les nouvelles lois et nouveaux règlements en matière de sécurité routière.

Dans cette perspective, ce programme capitalise sur les acquis et explore de nouvelles perspectives en matière de communication, de sensibilisation, d’éducation routière et de partenariat avec les professionnels et les composantes de la société civile. Le CNPAC poursuivra en outre, au titre de l’année 2017, l’investissement dans les nouvelles technologies pour améliorer les performances de son action et la réalisation d’un ensemble d’études scientifiques, d’évaluation et de suivi des bonnes pratiques dans le domaine de la sécurité routière, sans négliger le volet relatif à l’investissement et à l’acquisition des équipements de sécurité routière.

Dans ce cadre, l’année 2017 sera caractérisée par le lancement des travaux pour la construction du 1er Centre national de la sécurité routière à Benslimane, l’acquisition de radars patrouilles mobiles  pour le contrôle de la vitesse et le lancement de projets pilotes concernant  le suivi et la supervision du comportement des conducteurs.

Quelles sont les mesures mises en place par le Comité pour atteindre les objectifs de la stratégie de la sécurité routière, à savoir réduire de 25% le nombre de décès sur les routes à l’horizon 2020?

Le comité prévoit de renforcer son rôle de communicateur autour de la sécurité routière afin d’assurer les meilleures conditions de réussite de la nouvelle stratégie de sécurité routière du gouvernement pour la période 2016-2025 qui a fixé, pour la première fois, des objectifs chiffrés en termes de réduction des tués sur les routes marocaines. En effet, l’objectif est d’enregistrer moins de 1.900 tués à l’horizon 2025 avec un objectif intermédiaire de moins de 2.800 tués en 2020, soit une réduction annuelle de 5% entre 2016 et 2025.

Par ailleurs, le CNPAC développera davantage son expertise en matière de sécurité routière pour drainer son expertise internationale en travaillant sur des projets novateurs qui répondent à des besoins précis et spécifiques. Laquelle expertise sera mise au service des acteurs et des opérateurs concernés tant au niveau national que  niveaux régional et local.

Dans ce cadre, le CNPAC est appelé à s’ouvrir davantage sur tous les acteurs publics, privés et société civile pour mobiliser le maximum d’acteurs autour de la problématique d’insécurité dans notre pays.

L’objectif étant d’impacter le comportement des usagers de la route. Il s’agit de faire comprendre aux usagers de la route que le respect des lois et règlements de mobilité n’est pas uniquement une formalité administrative exigible, mais de la sécurité des usagers eux-mêmes. Un pari difficile à gagner mais qui n’est pas impossible. Il faut investir, notamment sur les leviers à forte valeur ajoutée.

Pensez-vous que cet objectif soit réalisable sachant qu’il ne reste plus que trois années ?

Tout d’abord, il y a lieu de signaler que c’est la première fois qu’on fixe des objectifs quantitatifs au niveau de la stratégie nationale de sécurité routière pour la prochaine décennie avec un objectif intermédiaire à l’horizon 2020. Cette nouvelle manière de faire permet de mesurer l’écart entre les réalisations et les objectifs d’une année à l’autre, et aux acteurs concernés de procéder aux réajustements nécessaires à chaque fois que le besoin se fait ressentir.

En outre, si on fixe des objectifs c’est pour les atteindre et le plan d’action concernant la mise en œuvre de la stratégie s’inscrit dans cette perspective. Le grand défi à relever est de maintenir la mobilisation chez tous les acteurs concernés et que ces derniers puissent mettre en œuvre leurs projets et leurs actions comme prévu.

Le facteur humain est de loin la principale cause des accidents de la route au Maroc, comment peut-on changer le comportement des automobilistes ? Concrètement, que faut-il faire ?

Le comportement peut être encadré en agissant d’une manière concertée sur trois leviers importants: la communication et la sensibilisation, le contrôle et l’infrastructure. Chaque composante de ce triptyque   a son rôle éminemment important qui ne peut être occulté.

Le comité a opté pour une stratégie de communication qui tient à rassurer l’usager par une référence protectrice du droit, à le valoriser en tant que citoyen digne de respecter et d’appliquer la loi et à le ramener constamment à une conscience plus vigilante dans son rapport à l’espace routier.

Le CNPAC mène également plusieurs études qui visent à évaluer de manière systématique ses actions de communication et de sensibilisation, ce qui lui permet de réajuster au fil du temps ses actions et la pertinence des choix effectués.

Où en est  l’opération portant sur l’installation des radars pédagogiques ?

Ce projet avait pour objectif l’installation de 50 appareils radars pédagogiques dans 35 villes du Royaume. Ces appareils permettent d’informer les conducteurs sur leur vitesse sans les sanctionner, afin de les pousser à ajuster leur comportement, respecter les règlementations en termes de vitesse et favoriser ainsi la sécurité routière.

Ces radars fournissent des mesures précises de la vitesse des véhicules puisque l’erreur de mesure est inférieure à 3% et la plage de vitesse mesurable est comprise entre 5 et 150 km/h.

L’unité radar mesure la vitesse des véhicules sur une distance suffisamment longue. La distance de détection est d’au moins 100 mètres à partir du point de mesure.

Par ailleurs, les données de mesurage sont stockées systématiquement, et téléchargées ultérieurement pour une exploitation en vue de tirer  des enseignements nécessaires au profit des acteurs concernés, notamment les corps de contrôle.    

Qu’en est-il de l’éducation routière ?

L’investissement dans les générations futures en matière d’éducation à la sécurité routière constitue l’un des chantiers les plus importants dans la stratégie du CNPAC.

Dans ce sens, une part très importante des moyens humains et financiers est consacrée à cet axe en vue de toucher davantage d’enfants à travers toutes les régions du Royaume.

Dans le cadre de nos interventions en milieux scolaire et parascolaire, nous nous sommes dotés de nouveaux outils pédagogiques mis à la disposition des encadrants afin de les aider à mener des actions d’éducation routière avec leurs élèves, et ce à travers une collection complète de supports pédagogiques (kits).

Actuellement, nous poursuivons, durant toute l’année, le programme d’éducation à la sécurité routière baptisé «Jil Salama» et ce, à travers un ensemble intégré d’actions dont on peut citer la poursuite de la conception et l’élaboration de nouveaux outils ludiques et pédagogiques de l’éducation routière destinés à toutes les catégories, l’organisation d’actions éducatives et événementielles.

Dans le même ordre d’idées, le CNPAC s’ouvre davantage sur le digital comme levier important pour communiquer et éduquer les enfants sur les règles fondamentales ainsi que de la sécurité routière.

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