Charlatan, mais également violeur

Elle n’a plus pu supporter ce qui lui est arrivé. Cela dépasse l’imagination. Âgée de vingt et un ans, Malika était malade. Elle perdait conscience de temps en temps et délirait. Elle croyait être possédée par les jinns. Sa mère et quelques amies lui ont demandé d’aller chez un f’kih pour l’exorciser. Sinon, tu resteras malade toute ta vie, lui ont-elles dit. Malika ne supportait plus de rester entre l’enclume de l’évanouissement et le marteau des délires. Elle espérait que sa santé se rétablirait et qu’elle reprendrait sa vie normale. Elle ne sortait plus seule comme auparavant. Elle craignait d’être en proie à une crise en pleine rue. Elle préférait rester chez elle. Et si elle était obligée de sortir, ce devait être en compagnie d’un membre de sa famille ou d’une amie. Nadia, son amie, lui a indiqué un f’kih. Il se trouve un peu plus loin de son quartier à El Jadida. Nadia l’a accompagnée la première fois. Quand elles sont entrées chez lui, le f’kih s’est isolé avec Malika dans un coin, derrière un drap, loin des yeux des autres clientes. C’est dans ce coin, communément appelé «Al Khaloua», qu’il place les patientes sous son «pouvoir magique» pour les exorciser. Pour cette fois-ci, il s’est contenté de poser quelques questions à Malika, lui a confectionné une amulette et lui a demandé de revenir deux jours plus tard. Cette séance n’a pas dépassé les cinq minutes.
Deux jours plus tard, Malika est retournée en compagnie de sa mère chez le f’kih. Comme à l’accoutumée, il n’a fait entrer dans «Al Khaloua» que Malika. Sa mère est restée à l’attendre au-dehors avec d’autres clientes.
“Enlèves ta djellaba et assieds-toi devant moi en fixant mon regard“, lui dit le f’kih. Malika s’est exécutée et s’est assise devant lui en regardant ses yeux. Le f’kih a commencé à marmonner des mots incompréhensibles durant deux minutes avant de mettre sa main sur le visage de la jeune fille . Il a continué sa litanie en mettant cette fois-ci la main sur le sein droit de Malika. Deux minutes plus tard, il lui a demandé de remettre sa djellaba et de revenir dans deux jours avec un petit flacon renfermant son urine et un bol en plastique. Effectivement, Malika est retournée encore une fois chez lui en compagnie de sa mère en ramenant les produits qu’il lui avait demandés. En rentrant chez lui, le f’kih l’a fait attendre pendant plus d’une heure. “Elle doit être la dernière à être accueillie parce que c’est son dernier jour de possession. Je vais l’exorciser définitivement aujourd’hui“, affirme-t-il à la mère de Malika quand elle lui a expliqué qu’elles sont pressées. Mais, pour la santé de sa fille, elle est obligée d’attendre. Une fois entrée, Malika a été sollicitée par le f’kih d’enlever sa djellaba, tout en versant l’urine dans le bol en plastique. Quand elle l’a enlevée, il lui a demandé de s’étendre et de plaquer son dos au sol. A ce moment, il a recommencé à grommeler, tout en lui mettant la main sur le corps. De temps à autre, il passait sa main d’une partie à l’autre de son corps. Tout à coup, il lui a ôté son tricot et son soutien-gorge pour mettre sa main sur ses seins. Malika a rougi sans réagir. Seulement, à un moment donné, il lui a enlevé sa jupe pour tenter de mettre la main sur ses parties intimes. A ce moment, Malika a poussé un cri. Sa mère est entrée aussitôt, sans demander la permission au f’kih. Elle est sidérée de voir sa fille sans tricot, ni soutien-gorge. Elle lui a demandé de se lever, tout en insultant le f’kih. En sortant, la mère a conduit sa fille au commissariat de police le plus poche. Le f’kih a été arrêté pour être traduit devant la justice. Il a été condamné à deux ans pour attentat à la pudeur et charlatanisme.

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