Chassé-croisé Rabat-Madrid

La ministre espagnole des Affaires étrangères, Ana Palacio, a annoncé lundi matin à la chaîne de télévision Telecinco qu’elle se rendra, le 30 janvier, à Rabat pour rencontrer son homologue marocain Mohamed Benaïssa, dans le cadre des efforts visant à mettre fin à la crise que traversent les relations entre les deux pays.
Cette visite entre dans le cadre du calendrier de rencontres que les deux parties avaient convenu de tenir en alternance entre Rabat et Madrid. La dernière rencontre des chefs de la diplomatie des deux pays remonte au 11 décembre dernier. Une rencontre qui avait eu lieu à Madrid. Ana Palacio, qui était l’invité de l’émission « Le regard critique » de la chaîne de télévision privée Telecinco, a annoncé que ses entretiens avec Mohamed Benaïssa porteront notamment sur le retour des ambassadeurs des deux pays à leurs postes respectifs après plus de quinze mois de crise diplomatique.
Selon la ministre espagnole, l’ordre du jour de la réunion de Rabat est en cours d’être défini et a formulé le souhait que ce rendez-vous soit l’occasion pour les deux pays de « faire un pas de plus » dans le retour à la normalisation dans « les relations institutionnelles entre le Maroc et l’Espagne et les hisser au niveau des relations culturelles, économiques et sociales qui sont général, très intenses ».
« Toutes les relations intenses sont très complexes et c’est pour cette raison qu’elles ont des aspects plus compliqués », a-t-elle avoué avant de rajouter que « sans oublier cette complexité, il faut avoir un niveau institutionnel qui leur corresponde ».
À une question sur le rôle et la position de l’Espagne sur l’affaire du Sahara, la ministre a répondu que « le mandat de la MINURSO expire le 31 janvier et que le Conseil de sécurité devra se prononcer sur l’affaire avant ce délai ». Rappelant que le représentant personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara, James Baker, effectue à partir d’aujourd’hui une tournée dans la région pour expliquer son plan de règlement. « Le Conseil de sécurité devra provisoirement proroger le mandat de la MINURSO pour permettre à ses membres d’étudier à fond le plan Baker, car un sujet aussi complexe ne peut être résolu en quinze jours », a-t-elle dit. Elle a par ailleurs mis l’accent sur le fait que, pour l’Espagne, le problème a un double aspect. « D’un côté, nous avons la situation telle qu’elle sera présentée au Conseil de sécurité de l’ONU, et d’un autre, nous serons amenés à étudier minutieusement le nouveau plan Baker une fois qu’il sera rendu public », a précisé la ministre.
S’agissant des autres volets des débats qu’elle aura avec son homologue marocain, Palacio a mis l’accent sur le problème de l’immigration clandestine. « C’est un problème prioritaire du gouvernement espagnol, car il s’agit de vies humaines », a-t-elle précisé. Elle a aussi rappelé que le « gouvernement marocain comprend qu’il ne s’agit pas d’une affaire espagnole, mais d’un problème de l’Union-européenne qui ne peut pas permettre cette catastrophe à laquelle on assiste chaque jour au détroit de Gibraltar ».
Pour ce qui est de Sebta et Melillia, Palacio a refusé toute comparaison entre le cas des villes marocaines occupées et Gibraltar. « Le gouvernement espagnol n’acceptera jamais que l’on parle d’une question qui n’a pas lieu d’être posée », a-t-elle conclu. Par ailleurs, le quotidien espagnol ABC rapporte dans son édition de samedi, de  » source dignes de foi », que trois des cinq groupes de travail maroco-espagnols mis en place lors de la dernière réunion entre Benaïssa et Palacio le 11 décembre pour résoudre les problèmes pendants entre les deux pays, entameront leurs travaux le 16 janvier à Rabat.
Selon ABC, le secrétaire d’Etat espagnol aux affaires étrangères, Ramon Gil Casares, doit se rendre jeudi à Rabat à la tête d’une délégation pour procéder avec le ministre délégué aux affaires étrangères et à la coopération, Taïeb Fassi Fihri, au lancement des travaux de ces trois groupes.
Selon la même source, les groupes qui se réuniront jeudi sont ceux qui sont chargés de l’immigration et de la délimitation des frontières et des questions politiques. Pour ce qui est des deux autres groupes, ils se réuniront ultérieurement, a annoncé le journal. À juger par l’ensemble des réunions de travail prévues entre les responsables diplomatiques des deux pays, il semble que la volonté des deux pays d’aller de l’avant est en train d’être bâtie sur une base de dialogue et de concertation. Ce qui est très prometteur.

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