Chirac appelle à la fermeté

C’est un Jacques Chirac assez solennel qui a accueilli les représentants des médias au Palais des Hôtes, dimanche à Rabat pour un point de presse à l’issue de ses entretiens avec S.M. le Roi Mohammed VI. Solennel, car dès l’entame de sa rencontre avec les nombreux journalistes, il a commencé par condamner fermement les attentats qui ont secoué Al-Qods et Haïfa. «La violence appelle toujours la violence», a-t-il déploré, ajoutant qu’il « est temps que cesse ce cycle infernal et que la raison l’emporte». Et d’appeler les responsables (Ndlr Palestiniens et Israéliens) à se retrouver autour d’une table pour la paix. «Car, il n’y a pas d’autre solution». C’est d’ailleurs cette volonté de voir Palestiniens et Israéliens reprendre le chemin de la négociation sans condition préalable et dans les délais les plus courts, qui a constitué un des axes principaux des entretiens qu’a eus le président Chirac avec SM le Roi Mohammed VI, président du Comité Al-Qods. Selon un communiqué du Palais Royal, les deux chefs d’Etat ont déploré l’aggravation chaque jour un peu plus dramatique de la situation sur le terrain, entre Palestiniens et Israéliens, le Souverain réitérant l’importance de l’établissement dans les meilleurs délais, d’un Etat palestinien souverain avec pour capitale Al-Qods al Charif, sur la base des résolutions du Conseil de sécurité. S’agissant de la situation en Afghanistan et des conséquences des attentats du 11 septembre, le Maroc et la France partagent la même détermination quant à la nécessité de lutter contre le terrorisme international et d’en éradiquer les racines et les causes les plus profondes. Une visite brève, mais dense du président Chirac au Maroc, où à son arrivée, il a été l’hôte d’un dîner familial avec SM le Roi Mohammed VI, en présence de SAR le Prince Moulay Rachid. Le deuxième axe abordé par M. Chirac avait trait à la lutte contre le terrorisme international, «dont l’expression est le réseau Al-Qaida» et personnifié par Oussama Ben Laden. Il a prévenu que la lutte contre le terrorisme serait longue et qu’elle devrait concerner tout à la fois le financement des actions terroristes, les sanctuaires abritant les terroristes, l’échange de renseignements et la coopération policière et judiciaire. Avec l’approche «à pas forcés» du mandat d’arrêt européen, les sanctuaires vont devenir de plus en plus rares et de plus en plus précaires, a-t-il martelé, en reconnaissant qu’il y avait eu, à ce sujet, de grandes faiblesses en Europe. Sur un plan un peu plus régional, et concernant la question du Sahara, le président français a tout d’abord préféré parler des provinces du Sud marocaines, avant de souligner que James Baker le représentant spécial de Kofi Annan conduisait sa mission «de manière intelligente», et que, par conséquent, ni le Maroc, ni son Roi, n’avaient besoin d’autre médiateur. Et d’enchaîner que pour ce qui est des «malentendus» entre le Maroc et l’Espagne, il a rejeté le terme de «crise», avant de réfuter toute idée de médiation. En espérant que ces «malentendus» seraient levés le plus rapidement possible entre les deux pays voisins. Il s’est félicité de la cérémonie oecuménique organisée, il y a quelque temps, à Rabat après les attentats du 11 septembre. «Le Maroc, a-t-il dit, a marqué là sa fidélité à sa tradition de modération et de tolérance religieuse». Et d’ajouter que «c’est l’une des caractéristiques des grands pays qui sont sûrs d’eux-mêmes, de leurs assises, de leur histoire et de leur culture ».

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