Chutes de neige : Les éleveurs voient vert

Souk hebdomadaire de la commune Sidi El Mekhfi, samedi 16 mars 2002. Alors qu’il tombe des cordes, Lahcen donne l’impression de ne pas faire attention à ses vêtements trempés. Cet éleveur de la région de Bekrit est heureux. «J’étais sur le point de liquider la moitié de mon troupeau à cause de la sécheresse qui a sévi dans la région», optimiste, il ajoute que «la pluie que connaît la région aujourd’hui va nous permettre d’économiser notre argent pour l’achat des fourrages et des fois même de l’eau». Ils sont nombreux à penser, tous heureux, comme Lahcen.
Contrairement à d’autres régions pour qui les trombes d’eau de ce mois ne servent qu’à «engraisser les serpents», la pluie qui s’abat sur la province d’Ifrane sauve en partie la mise. Pour des milliers d’éleveurs de cette région où l’élevage constitue la principale activité économique, les précipitations de cette semaine, qui ont mis du baume au coeur de la population locale, permettront au moins d’alimenter les nappes phréatiques qui ont connu, selon des sources officielles, un rabattement d’environ 12 mètres. A cause de la sécheresse, cette baisse sensible expliquait suffisamment l’inquiétude des responsables et de la population notamment rurale dans toute la région du Moyen-Atlas. La sécheresse menaçait dangereusement le couvert végétal des parcours et mettait en péril les potentialités hydriques de la province qui continue d’être qualifiée d’une manière trompeuse certes, de «château d’eau du Maroc».
En effet selon un rapport des services de l’hydraulique de la région, 70% des ressources hydriques de la province profite surtout à l’aval notamment le bassin du Saïs, Sebou et Oum Rabia. Pour cette année, le déficit en eau aurait atteint, selon la Délegation provinciale d’Azrou, environ 38 % dans la région d’Azrou et de Aïn Leuh. Alors qu’au mois de janvier 2002, le taux de remplissage des différents lacs et retenues de barrages (au nombre de 21), n’auraient pas dépasser 14 %. C’est dire l’importance de ces dernières précipitations qui ont réanimé plusieurs sources et autres points d’eau taris par une succession d’années de sécheresse. Les apports de ces dernières sont évalués à 20.560.000 m3, estime-t-on officiellement.
Au niveau des infrastructures, la province est sous-équipée : il existe 16 barrages collinaires. Si on ajoute l’apport des 4 lacs naturels, la capacité totale est évaluée à 5.161.800 m3. L’abreuvement du cheptel, l’irrigation et la pisciculture constituent les principaux secteurs utilisant ces eaux qui se trouvent surexploitées devant l’absence de mesure d’économie d’eau.

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