Cinq ans pour le Pédophile

«Je n’arrive pas encore à croire que celui qui était au box des accusés est mon époux», balbutie la femme à la djellaba de couleur bleue, qui arpente, ce deuxième jeudi du mois de ramadan, le hall de la Cour d’appel de Casablanca. Elle est encore sous le choc de découvrir le penchant pédophile d’un époux, avec lequel elle a passé douze ans. Bien qu’il ait nié, devant la Cour, avoir abusé du garçon qui a porté plainte contre lui, son épouse reste abasourdie. Car, il a déjà tout avoué à la police judiciaire. Le procès-verbal de ses déclarations l’atteste. Sinon, qui l’a obligé à reconnaître les faits devant les enquêteurs ? En plus, pourquoi le garçon l’accuse-t-il lui et pas quelqu’un d’autre? Il s’appelle Hammad, âgé de quarante-trois ans, père de trois enfants, journalier de son état. Il jouit, selon les propos de sa femme, d’une bonne réputation et tout le monde dans son quartier le respecte. Personne, aussi bien ses voisins que les membres de sa famille et ses collègues, ne conteste sa bonne conduite. Mais quelle mouche l’a piqué pour qu’il soit mouillé dans une affaire d’attentat à la pudeur sur un mineur de moins de quinze ans ? Le dossier de l’affaire révèle que depuis son enfance, Hammad, avait un attrait pour les jeunes enfants. Mais, personne n’en savait rien, parce qu’il faisait tout son possible pour que son vice soit discret. Il n’a jamais été dénoncé par l’une de ses victimes qu’il choisissait contre des sommes d’argent. Selon ses déclarations consignées dans le procès-verbal, il a tenté une seule fois, en 1971 d’abuser d’un jeune garçon avec violence. Seulement, la scène s’est déroulée loin de son quartier et sans intervention de la police. Bref, elle s’est passée sans bruit ni fracas. Depuis, il a continué à chercher de temps en temps des garçons, toujours contre des billets de cinquante dirhams. Il a tout nié devant la Cour. «C’est un coup monté par ce garçon …Il est poussé par des ennemis», affirme-t-il à la cour. Pourquoi et avec la connivence de qui ? Il n’a pas de réponse. Appelé à la barre, le jeune garçon a donné les détails de ce qui lui était arrivé. «J’étais au bain en train de me laver, quand il s’est avancé vers moi pour me demander de lui laver le dos… Il m’a demandé de s’isoler dans un coin loin des yeux. Quand son tour est venu, il m’a demandé de m’allonger à plat ventre». Sans hésitation, l’enfant s’est allongé et Hammad commence à lui laver le dos. Tout à coup, il lui a descendu le maillot et s’est jeté sur lui. Le garçon a crié au secours et deux hommes sont venus à la rescousse. Est-ce la vraie version des faits, s’est interrogé l’avocat de la défense ? Avant de répondre par la négative. Il s’est contenté de réclamer le rejet des déclarations consignées dans le procès-verbal de la P.J.. «Elles sont infondées», explique-t-il à la cour avant de réclamer l’acquittement de son client. Le représentant du ministère public, qui avait pris la parole avant l’avocat de la défense, a fait remarquer que la victime n’a aucun intérêt à accuser Hammad. «La victime n’a même pas réclamé de dommages et intérêts pour se convaincre qu’elle n’avait pas intérêt à accuser le mis en cause». Ce qui prouve que le prévenu est coupable d’attentat à la pudeur, conclu le représentant du ministère public. La cour a tranché en condamnant le mis en cause à 5 ans de prison ferme.

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