Circuit infernal d’un accouchement

Les contractions se sont rapprochées, Rabiâa, 27 ans, devait accoucher. Sa famille appelle l’ambulance et la voilà en route, direction la maternité de l’hôpital Abou El Wafi, dans la préfecture Derb Sultan-El Fida, pour le grand événement dans la vie du couple. Arrivée à l’établissement hospitalier, accompagnée de son époux, on leur fait savoir qu’il n’y a pas de place et qu’ils devraient y retourner dans deux jours.
La famille de la jeune femme enceinte, pauvreté oblige, n’a pas d’autres alternatives. Elle attend, à ses risques et périls, le rendez-vous. Passés les deux jours, Rabiâa fut admise à l’hôpital en question. Elle devait subir une césarienne. Il faut se procurer tous les accessoires nécessaires à l’opération.
Le va-et-vient commencent au moment où la future mère se trouve dans une salle inconfortable, agitée, crispée, criant de plus en plus fort. Et le comportement de certains infirmiers complique davantage la situation. Ils exploitent l’état perturbé de l’époux qui voit son épouse dans un état entre la vie et la mort, de petites douleurs puis des moyennes, des grosses et enfin des concassantes. « Je n’oublierai jamais ce moment. La femme était dans un état critique. Je l’entendais en train de crier très fort. Mais les responsables se comportaint comme si l’accouchement était normal. Chaque fois, on me demanda quelque chose. Et lorsque j’ai présenté tout ce qu’ils m’avaient demandé, il fallait attendre le médecin qui allait opérer la femme. Vraiment, c’est un circuit infernal. Si j’avais les moyens, j’aurais opté pour une clinique privée », affirme, non sans amertume, Abdelhafid, 35 ans, époux de Rabiaâ, qui a subi la césarienne après dix jours de la date d’accouchement indiquée par son médecin.
Après ces étapes marathoniennes, au sens large du terme, la femme se retrouve dans une chambre à côté de sept autres, pour rester sous surveillance et suivre quelques jours de traitement.
Pendant ces jours, la même constatation demeure de mise. «Il faut dire en toute franchise que rien n’est gratuit», souligne Abdelhafid. Du côté des responsables de l’établissement hospitalier, on impute cet état de choses au manque de moyens. En plus la demande est très supérieure à l’offre, quantitativement et qualitativement, parlons», affirme une infirmière, ayant préféré l’anonymat. Il faut dire que si les associations étaient impliquées dans ce domaine, la situation pourrait être allégée.
À travers le monde, il y a des fonds énormes et un savoir-faire dans le tissu associatif. Les associations actives sur le terrain sont appelées à élargir leur champ d’action. Un accouchement constitue une étape particulièrement importante dans la vie d’une femme, mais aussi d’un couple. Il nécessite donc une préparation à la fois physique mais également psychologique afin que les futurs parents puissent surmonter leurs éventuelles angoisses et appréhensions et qu’ils abordent ce moment avec confiance et sérénité. Et c’est là où le travail associatif pourrait être productif et efficace.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *