Clandestins : Des ONG contre le refoulement

Clandestins : Des ONG contre le refoulement

«C’est une catastrophe que les immigrés subsahariens vivent en ce moment à Oujda ». Hicham Rachidi, du Groupe anti-raciste d’accompagnement et de défense des étrangers et migrants, n’est pas le seul à dénoncer les violations commises à l’encontre des immigrés clandestins subsahariens au Maroc. Ses propos illustrent une colère unanime que viennent d’exprimer plus de vingt associations et organismes marocains et étrangers. Réunis, jeudi dernier au siège de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) à Rabat, ce collectif s’est déclaré « choqué par le traitement inhumain que subissent ces personnes ». De quoi s’agit-il exactement ? Retour sur les évènements qui se sont succédé depuis le 23 décembre 2006. C’est à partir de cette date que plus de 400 immigrés subsahariens ont été interpellés à Rabat, à Nador (25 décembre) et à Laâyoune (29 décembre), puis transportés à Oujda, à la frontière maroco-algérienne. Là plusieurs de ces immigrés sont parvenus à revenir à Oujda où ils se réfugient, alors qu’on ignore ce qui est advenu d’une centaine d’autres. Ces ONG dénoncent les rafles pour « simple délit de faciès » dont ont fait l’objet ces immigrés, qu’ils soient détenteurs ou non d’un titre de séjour, demandeurs ou non d’asile ou simplement immigrés économiques.
Dans un communiqué unanime, ces associations condamnent ces arrestations qu’elles qualifient de racistes « sans respect aucun ni pour la loi marocaine ni pour les conventions et textes internationaux régissant les droits humains en général et les droits des migrants, des réfugiés et des demandeurs d’asile en particulier ». 
Des accusations dirigées vers les autorités marocaines, mais aussi vers l’Union européenne à l’origine, selon la même source, de la pression que subissent les pays qui « sous-traitent le contrôle de ses frontières ». Une pression légitimée par l’approche sécuritaire que suscite l’affluence des immigrés clandestins dans les pays de l’Europe au détriment de l’approche humanitaire à laquelle le Maroc a, pourtant, appelé à plusieurs reprises.
Les associations accusent, de même, le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) d’avoir failli à sa mission. A en croire ces associations, au moins un tiers des immigrés victimes des rafles disposaient d’attestations en tant que réfugiés et sont donc reconnus par le HCR. Ce lundi après-midi, les représentants de ce collectif associatif devront se rendre à la délégation de la Commission européenne à Rabat pour faire part de leur indignation. Et ce ne sera qu’un premier recours, car ce collectif compte saisir plusieurs organismes, dont le Conseil consultatif des droits de l’Homme (CCDH), pour se faire entendre et solliciter le soutien à sa cause : arrêt des rafles massives contre les immigrés subsahariens et retour des expulsés à leur domicile. Dès cette semaine, une lettre ouverte à ce sujet sera adressée à la Commission européenne, au gouvernement marocain et à toutes les institutions liées de près ou de loin à ce problème.
Ce mouvement de protestation n’est pas le premier du genre. Il y a plus d’un an, d’autres événements tragiques, dont ont été victimes les immigrés subsahariens à Mellilia, avaient soulevé un tollé au sein des militants des droits de l’Homme. 

Associations signataires

ABCDS (Association Beni Znassen pour la culture, le développement et la solidarité), AFVIC (Amis et familles des victimes de l’immigration clandestine), AIDE-développement, ALCS (Association de lutte contre le Sida), AMDH (Association marocaine des droits humains), AMERM (Association marocaine d’études et de recherches sur les migrations), APDHA (Association pour les droits de l’Homme en Andalousie), ARCOM (Association des réfugiés et demandeurs d’asile congolais au Maroc), Association des migrants africains en Suède, ATTAC-Maroc, ATMF (Association des travailleurs maghrébins en France), Caritas, Cimade, Collectif des réfugiés, Conseil des migrants, GADEM (Groupe anti-raciste d’accompagnement et de défense des étrangers et migrants), Gisti, Homme et environnement, Migreurop, MDM (Médecin du monde), OMDH (Organisation marocaine des droits de l’Homme), Rassemblement des réfugiés ivoiriens au Maroc, Réfugiés sans frontières-Maroc, Association des jeunes Avocats et Avocates au Maroc.

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