Clonage humain

Le clonage humain. Encore prématuré pour certains, choquant pour d’autres. Dans tous les cas, il pose un problème d’éthique.
En quoi consiste cette technique qui permettrait de reproduire un bébé cloné. Sur le plan technique, il s’agit de prélever le noyau d’une cellule d’une personne et de l’introduire dans un ovule dont on a ôté, au préalable, le noyau. L’ovule se transforme ainsi selon le code génétique, contenu dans le noyau cellulaire, pour former un embryon parfaitement semblable, génétiquement, à la personne de qui provient le noyau. La technique, estiment les scientifiques, est très complexe. Les embryons obtenus, aujourd’hui, auraient été développés jusqu’au stade de six cellules, alors que le corps humain comporte des millions de cellules. Ces embryons sont composés de cellules-souches, autrement dit des cellules capables de constituer ou de reconstituer les différents organes du corps humain.
La question continue de susciter débat et remous. Beaucoup d’autorités politiques, scientifiques, civiles et religieuses répugnent à cette idée et s’opposent à ceux qui voient là d’abord une possibilité de guérir des personnes gravement malades.
Au Etats-Unis, les essais sur quarante personnes souffrant de la maladie de Parkinson ont été qualifiés d’échec catastrophique. Dans ce pays, le financement public de recherches sur le clonage humain est interdit. Par conséquent, seuls des organismes privés peuvent librement mener ces recherches. Toutefois le Sénat américain étudie actuellement une loi qui pourrait interdire purement et simplement cette pratique.
En France, le clonage thérapeutique est interdit conformément aux avis du Comité National d’Ethique et du Groupe d’Ethique Européen.
Par-delà l’interdiction des politiques, les scientifiques se trouvent divisés sur la question. Et la majorité souligne que les expériences de clonage reproductif chez les animaux montrent qu’en l’état actuel des connaissances, le clonage humain n’a pratiquement aucune chance de réussir. Mais le gynécologue italien, Severino Antinori, et la chimiste française, Brigitte Boisselier, avancent qu’ils peuvent cloner au plus tôt un être humain. Le gynécologue italien a fait état mardi dernier à Rome, de l’existence actuellement dans deux pays asiatiques, de trois femmes enceintes de bébés clonés. L’an dernier, il avait annoncé qu’il comptait entreprendre le clonage d’embryons, précisant que 1.300 couples américains et 200 autres en Italie, étaient candidats à son programme de recherches au profit de couples stériles.
« Il y a trois grossesses » consécutives à des opérations de clonage humain, deux en Russie et une dans un « pays musulman », a-t-il précisé. Il a néanmoins nié être directement impliqué dans l’une de ces grossesses ou d’avoir inséminé une femme grâce à la technique du clonage humain.
Au cours d’un congrès scientifique tenu récemment aux Emirats Arabes Unis, le Dr Antinori assurait qu’une femme était enceinte de huit semaines avec un embryon obtenu par la technique du clonage.
Impossible, rétorquent les autres scientifiques. Les défauts de re-programmation du code génétique lors du clonage ne sont pas détectables, « il n’y a pas moyen à l’heure actuelle de prédire si un clone évoluera en un individu normal ou pas ». Et de préciser que le taux de réussite du clonage animal n’excède pas 1 % à 5 %. En plus, les clones qui survivent à la naissance présentent de graves anomalies. La plupart meure dans les jours ou semaines qui suivent. Les autres, comme la brebis Dolly, le premier animal cloné à partir d’une cellule adulte, sont obèses et présentent des signes de vieillissement précoce.

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