Collectivités : la grève de la précarité

Collectivités : la grève de la précarité

A l’appel de la CDT, de l’UGTM et de l’UMT, qui ont réuni leurs quartiers généraux vendredi 2 décembre 2005, les employés des collectivités locales décrètent une grève de 48 heures et qui commence aujourd’hui à travers tout le territoire national. La FDT a fini par rejoindre le mouvement en émettant un communiqué appelant à une grève pour la même période et à la même date.
D’où provient le courroux des employés des collectivités locales? Selon Mohamed El Mers, secrétaire général du Syndicat des collectivités locales affilié à la CDT, l’annulation de la prime spéciale de 270 dirhams n’est que la goutte qui a fait déborder le vase. Cette prime a été instaurée lors de l’accord du 1er juin 2002 signé à l’époque, pour le gouvernement, par Driss Jettou alors ministre de l’Intérieur. Les employés des collectivités locales ont perçu cette prime spéciale durant deux ans avant qu’elle ne soit annulée. Et les contacts, promis par l’Intérieur, n’ont jamais eu lieu.
Les employés communaux, à en croire les syndicalistes, ont d’autres revendications encore plus urgentes. Il s’agit notamment de la revendication d’un statut de base spécial promis également par Driss Jettou en juin 2002 mais qui n’a jamais vu le jour. Mais aussi du respect de la liberté syndicale. A ce jour, près d’une dizaine d’employés communaux (CDT et UMT notamment» ont été mis à la porte pour raisons syndicales, rappelle El Mers qui regrette encore des pratiques d’un autre temps. «Les syndicalistes communaux CDT d’El Menzel ont été sanctionnés par le président USFP pour avoir refusé de rallier la FDT», ajoute El Mers en guise d’exemple.
Pour ce syndicaliste, les choses ont empiré depuis l’instauration de l’unité de la ville. Dans les grandes cités, le maire concentre tout alors que les présidents d’arrondissements se trouvent sans réel pouvoir, surtout qu’ils n’ont presque aucun droit de regard sur les aspects financiers. Pour un autre syndicaliste, la situation, pour la plupart des employés communaux, est devenue intenable.
Les plus affectés se recrutent en général dans la catégorie des échelles de rémunération de 1 à 9, mais les problèmes s’accentuent pour ceux des catégories classées entre les échelles 1 et 5.A titre d’exemple, un employé communal classé à l’échelle 1 perçoit un salaire de base de 700 dirhams et qui atteint un maximum de 1.500 DH avec d’autres indemnités. Commentaire de Mohamed El Mers : «L’Etat demande au privé de respecter la loi en ce qui concerne le SMIG, mais viole la législation lui-même». Pour une écrasante majorité, cela signifie, à la fin de chaque mois, le paiement de dettes contractées pour un logement social pour se retrouver sans le sou. Un employé communal a droit à 4 DH pour chaque heure supplémentaire travaillée avec un seuil de 40 heures par mois.
Actuellement, le nombre des employés des collectivités locales au Maroc atteint quelque 150.000 pour près de 1.500 communes rurales et urbaines. Cette catégorie est concernée par une nouvelle opération de départs volontaires qui nécessitera près de 1 milliard de dirhams selon des simulations faites sur la base d’un nombre de 10.000 à 15.000 volontaires. Le ministère de l’Intérieur, avec les autres partenaires, serait sur le point d’émettre une circulaire dans ce sens.

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