Combat perpétuel contre la pauvreté

La Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté est célébrée chaque année, depuis 1993, le 17 octobre. Date à laquelle l’assemblée générale des Nations unies a désigné la journée pour manifester la nécessité d’éliminer la pauvreté dans tous les pays, notamment dans les pays en développement, un besoin qui est érigé maintenant en priorité absolue.
Les leaders du monde se sont engagés à réduire de moitié, pour l’année 2015, le nombre de personnes vivant en extrême pauvreté, soient les personnes dont le revenu est inférieur à un dollar par jour. Au Maroc, la pauvreté est à prédominance rurale. Le milieu rural, qui représente 46,60 % de la population totale, regroupe 65,8 % du total de la population pauvre.
Selon le rapport national sur la Politique de la Population au titre de l’année 2001 du Centre d’études et de recherches démographiques (CERD) relevant du ministère de la Prévision économique et du Plan, la pauvreté au Maroc a « une dimension rurale et régionale de type structurel ». Les chiffres montrent bien cet aspect. Six pauvres sur dix sont des ruraux. La sévérité de la pauvreté est plus que deux fois élevée en milieu rural. Et 40 % des plus défavorisés des ruraux constituent la couche sociale qui s’est le plus appauvrie en 1998/99 en comparaison avec 1990/91. Sur 29,17 millions d’habitants en 2001, le nombre des pauvres dépasse les 5,3 millions de personnes, alors qu’il n’était que de 4,6 millions en 1985. Le taux de pauvreté est ainsi passé de 13,1 % en 1990 à 19 % en 1999, soit un Marocain sur cinq vivant au-dessous du seuil de la pauvreté. Un revenu inférieur à dix dirhams par jour. La réalité est alarmante.
Dans les quartiers populaires, et populeux, dans la périphérie des grandes villes ou dans le milieu rural, l’on se demande comment une personne ayant un revenu inférieur à dix dirhams par jour peut satisfaire à ses besoins élémentaires. Qu’il s’agisse de vieux ou de jeunes hommes, la question interpelle les pouvoirs publics et la société civile. Dans le premier cas, les problèmes de santé occasionnent des dépenses énormes, que la personne ne peut pas supporter.
C’est dire qu’elle reste à la merci des maladies et des altérations de santé accompagnant l’âge. La société civile est à pied d’oeuvre dans ce domaine, mais les actions entreprises ne pourraient pas circonscrire le phénomène. Dans le deuxième cas, la situation s’aggrave davantage. Pour un jeune, qui est appelé à poursuivre ses études par exemple, le revenu de dix dirhams par jour ne couvrira même pas une partie des frais de ses déplacements. Cela revient à dire que ce jeune est condamné à rompre avec ses études et pis encore, il reste exposé à la dérive.
L’étude de la Direction de la Statistique suggère que les pouvoirs publics, pour contrecarrer ou du moins atténuer l’ampleur de ce phénomène, réorientent l’effort d’investissement en direction des populations les plus démunies. Cette étude estime, à juste titre, que la croissance est certes nécessaire à la lutte contre la pauvreté, mais «demeure insuffisante tant qu’elle n’est pas orientée dans le sens de favoriser les zones et les couches défavorisées».

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