Combattre le cancer chez l’enfant

Le Maroc a célébré samedi 15 février, à l’instar de la communauté mondiale, la Journée Internationale du Cancer de l’Enfant (JICE). Une occasion pour tous les intervenants, personnes physiques ou morales intéressées par cette épidémie, de s’unir pour informer et sensibiliser sur le caractère hautement curable des cancers de l’enfant sous réserve d’une prise en charge médicale et sociale adéquate.
Depuis le début des années 1980, le cancer de l’enfant est la maladie la plus préoccupante en pédiatrie. Selon les spécialistes, les cancers de l’enfant sont différents de ceux de l’adulte. Il s’agit, une fois sur trois de leucémie aiguë. Dans les autres cas, ce sont des cancers du rein, du tissu sympathique, des ganglions, des os ou d’autres tumeurs malignes. Le traitement de ces cancers repose surtout sur la chimiothérapie mais aussi sur la chirurgie et la radiothérapie.
Ces traitements sont le plus souvent longs, de 4 mois à 3 ans, parfois plus, si la maladie récidive. D’après l’association des parents et amis des enfants atteints de cancer, «L’Avenir», créée en 1986, à l’initiative de quelques parents des enfants suivis dans l’Unité d’Hémato-Oncologie Pédiatrique de l’hôpital d’enfants de Rabat (UHOP), le cancer de l’enfant existe mais ne représente que 1 à 3% des cancers humains. Un enfant de moins de 15 ans sur 10.000 est touché par un cancer chaque année, soit environ 1000 à 1200 nouveaux cas par an au Maroc. Les garçons sont plus souvent exposés que les filles ; 50 % des cancers de l’enfant surviennent avant 5 ans. Si le cancer atteint d’abord la moelle osseuse, usine où sont fabriquées les cellules du sang, on parle de leucémie; si ce sont les ganglions, on parle de lymphome et si ce sont d’autres tissus (muscle, os, rein, cerveau…) l’on est en présence de tumeurs solides, précisent les spécialistes, soulignant que les cancers sont non contagieux et exceptionnellement héréditaires.
Les cancers de l’enfant, non soignés, évoluent vers la mort en quelques semaines ou quelques mois. En revanche, quand ils sont traités correctement, plus de 3 sur 4 enfants initialement atteints de cancer guérissent et retrouvent les mêmes potentialités que les enfants sains du même âge. Au sein de l’Unité d’Hémato-Oncologie Pédiatrique (UHOP) de Rabat, quelque 478 enfants y sont admis dont 350 sont atteints de cancer et 128 de maladies du sang, selon un document de l’Unité rendu public à l’occasion de la journée internationale du cancer de l’enfant. L’âge des enfants touchés par le cancer varie entre trois mois et huit ans et le nombre de nouveaux malades suivis dans cette unité s’accroît régulièrement : 59 en 1983, 478 en 2003.
Le taux de guérison ne dépasse pas les 60 %, alors que près de 60 % des malades sont nécessiteux, précise le document. Les patients de l’UHOP sont originaires des régions du Nord et de l’Est du Maroc, les malades en provenance du Sud, se dirigeant le plus souvent à Casablanca, relève la même source. Seuls 20 % des malades habitent dans la région de Rabat. Cependant, le traitement d’un cancer chez l’enfant coûte très cher, aussi bien sur les plans social, absentéisme professionnel et scolaire, affectif que financier. La facture va de 20 000 dirhams à 150 000 dirhams selon l’âge et le poids de l’enfant, le type et le stade de la maladie.

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