Comment avoir des aménagements urbains plus adaptés à la sécurité routière ?

Comment avoir des aménagements urbains plus adaptés à la sécurité routière ?

Zone de stationnements, aménagement de la voirie, plus d’espaces pour les piétons

Afin de réduire les accidents de la circulation dans le milieu urbain grâce à un système routier plus indulgent par rapport à l’erreur humaine, l’aménagement des routes doit répondre à des normes bien précises. Dimensions des voies, intersections, carrefours giratoires, intersections avec les lignes du tramway et du bus à haut niveau de service (BHNS), zones de stationnement, abords des établissements scolaires… l’aménagement de ces lieux nécessite des solutions adaptées à chaque situation. Partant de là, le CNPAC a présenté récemment «un guide référentiel pour les aménagements de la sécurité routière en milieu urbain» destiné aux collectivités locales et aux responsables des aménagements routiers en villes. L’objectif étant de cadrer les interventions d’aménagement qui seront effectuées par ces entités territoriales. Il présente des orientations portant sur la sécurité des aménagements de la voirie et de son insertion urbaine, fournit les principes à prendre en compte lors de l’élaboration de nouveaux projets d’infrastructure nouvelle ou d’amélioration du réseau existant et propose des recommandations.

Apaisement de la vitesse en ville

Aménager des zones étendues à 30 km est possible à petit coût, précise le document. Il recommande aux autorités concernées d’utiliser des aménagements légers et de la communication pour marquer les esprits et ensuite passer au fur et à mesure aux aménagements avec des rénovations de la voirie. Rouler moins vite peut libérer l’espace dans les routes en milieu urbain. Il ne pénalise ni la capacité des voies ni le temps du parcours et permet même de redistribuer cet espace aux piétons, aux vélos ou encore au stationnement.  Pour sécuriser les déplacements, l’apaisement de la vitesse s’avère donc la mesure la plus adaptée. En effet, les chances de survie d’un piéton sont 10 fois plus élevées à 30 km qu’a 60 km. Dans le même sens, le champ visuel des conducteurs se rétrécit et la distance de réaction et de freinage devient limitée. En roulant à 60 km par exemple, le conducteur ne peut éviter une collision qu’à 34 mètres alors qu’avec une vitesse de 30 km cette distance se réduit à moitié (14 mètres).   

Que faire pour les problèmes de stationnement en ville ?

Une voiture garée sur la voirie prend en moyenne un espace de 10 mètres carrés, soit 5 motos et 13 vélos. En temps de stationnement, elle est parquée 95% du temps. On compte 5 à 10% la part estimée de la circulation due à la recherche de place de stationnement en ville. Dans cette lignée, le document donne des recommandations aux autorités concernées sur l’aménagement des places de stationnement dans le milieu urbain dans tous types de situations comme par exemple prévoir des espaces tampons de 0,50 mètre pour les bandes et les pistes longeant du stationnement, éviter les places de stationnement qui inciteraient les automobilistes à empiéter sur les trottoirs et les bandes/pistes cyclables ou encore prévoir des places pour les deux-roues.

Les intersections des TCSP (tramway et BHNS)

Ces intersections doivent répondre à des critères de lisibilité et de visibilité pour les usagers. Ainsi, le document recommande de simplifier les intersections, éviter tout masque à la visibilité, notamment sur les îlots centraux de carrefours giratoires et assurer la clarté du régime de priorité donnée au TCSP. Il est aussi préconisé d’aménager des espaces piétons adaptés selon le type de carrefours. Notons que le tramway par exemple a des caractéristiques propres quant au freinage et aux trajectoires. Sa distance d’arrêt est plus longue qu’un bus avec une impossibilité du coup de volant pour éviter un tiers. Ainsi, il est essentiel pour le conducteur d’avoir une distance de visibilité suffisante.

Prise en considération des déplacements piétons

Fournir des aménagements adaptés aux piétons est nécessaire dans la mesure où au Maroc le mode le plus dominant de déplacement est la marche à pied. Le guide recommande de maîtriser les flux piétons en satisfaisant leur besoin et en assurant plus de sécurité notamment par la continuité de leur cheminement, la largeur adaptée des trottoirs, la réduction des distances à parcourir en traversée de la chaussée ou encore la création d’îlot refuge, de traversées régulées par feux ou par des passerelles. Car en effet, l’encombrement des trottoirs, discontinuités des cheminements piétons, les traversées piétonnes insuffisamment traitées perturbent en globalité la fluidité des déplacements. 

Entretien de la signalisation

Le document relève que l’incohérence et le manque d’entretien sont des sources d’insécurité routière et d’accidents. Ils engagent directement la responsabilité des autorités. Ainsi, «il est primordial que la signalisation (panneaux, marquage au sol, signaux lumineux) soit entretenue et de façon cohérente avec les aménagements pour ne pas piéger les usagers», indique le guide ajoutant qu’en ce qui concerne les vitesses admises sur les voies, les panneaux ne suffisent pas pour réduire les vitesses. La maîtrise de la vitesse passe par un aménagement crédible que la signalisation doit compléter. Plus la voie est étroite, plus il modérera sa vitesse.

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