Conflit social à l’usine SCIM d’El Jadida

Le conflit social qui oppose l’administration de l’usine de confection SCIM, l’une des plus importantes unités de la zone industrielle de la ville d’El-Jadida et les représentants syndicaux des employés (UGTM), semble perdurer depuis près de quatre mois en raison des divergences entre les deux parties sur la question du licenciement de certains ouvriers.
Malgré les nombreuses réunions initiées par une commission de médiation, mise sur pied par les autorités locales, en plus d’une rencontre au niveau central, les deux parties ne sont pas parvenues à un compromis sur le principal point de discorde concernant le licenciement d’une dizaine d’ouvriers dont des membres du bureau syndical (UGTM) et des délégués des employés.
La direction de l’usine, qui avait notifié, début septembre, un avis de licenciement à quelque 150 ouvriers en invoquant des contraintes économiques, a dû faire des concessions pour ramener ce chiffre à une quarantaine d’employés qui seront indemnisés pour leur départ. Actuellement, l’administration de l’usine se dit disposée à négocier encore, mais affirme être catégoriquement opposée au retour de dix personnes (4 délégués, 3 suppléantes, et 3 ouvriers). Les personnes en question s’opposaient systématiquement à tous les efforts entrepris par l’administration en vue d’améliorer la productivité et le rendement, favorisant ainsi un climat d’anarchie au sein de l’usine et une production inférieure de 40% par rapport à la normale , expliquent les responsables de l’usine, qui affirment que cette mesure de licenciement ne vise en aucun cas les libertés syndicales et ne concerne pas tous les membres du bureau syndical.
De leur côté, les ouvriers demeurent solidaires avec les personnes concernées et exigent la reprise immédiate du travail avant d’engager les discussions sur les cas des personnes licenciées. Ils estiment que ce licenciement vise plutôt les libertés syndicales, appelant à l’application des règles en vigueur concernant le licenciement pour raisons économiques. Depuis septembre dernier, les ouvriers observent des sit-in au siège local de l’UGTM.
Face à cette situation, les autorités locales ne cessent de multiplier les initiatives de médiation à différents niveaux et d’organiser des rencontres entre l’administration de l’usine et les représentants des employés en vue de rapprocher les positions et parvenir à une solution équitable pour les deux parties qui puisse permettre la réouverture de l’usine, dirigée par un patron canadien et qui emploie quelque 900 ouvriers.

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