Consommation : Danger de contrebande

La prolifération des produits de contrebande est inquiétante pendant ce mois de Ramadan. Dans les petits souks, qui se créent occasionnellement durant ce mois sacré dans les quartiers populaires, sur les trottoirs des principaux boulevards des grandes villes et des petits villages, dans les marchés aux puces, les produits consommables, les jus, les fromages, la mortadelle et différentes boîtes de conserves, sont exposés à la vente.
Cette activité informelle, qui concurrence déloyalement le commerce formel, bat son plein. Les prix défient toute concurrence. La différence tourne autour de cinq dirhams pour les produits consommables et beaucoup plus pour les produits non consommables, de contrefaçon, sans parler du secteur de l’électroménager. Les marchands ambulants. Mais aussi certains commerçants sédentaires, ayant des magasins dans des marchés.
Ces derniers procèdent à l’externalisation de cette activité illégale. Une forme d’investissement occasionnel qui rapporte beaucoup. La formule consiste à approvisionner l’étal du marchand ambulant et lui laisser une marge de bénéfice. Ainsi chaque soir, il rend les comptes au patron et verse la recette. Une sorte de sous-traitance pour échapper au contrôle, si contrôle il y a. Il faut dire que tout le monde y trouve son compte. Quant au consommateur, la question ne se pose pas. Il s’approvisionne, à ses risques et périls, faible pouvoir d’achat oblige. A la joutya de Hay Mohammadi, Hay Hassani et aux parages de l’ancienne médina, Bab Marrakech, pour ne citer que ces lieux, la ruée vers ces produits, chaque soir, avant la rupture du jeûne, interpelle à plus d’un titre.
Dans certains cas, on ne vérifie même pas la date de péremption du produit acheté. La vieille idée, selon laquelle tout ce qui provient de l’autre rive est de qualité, reste encore de mise. «Pour ces boîtes de conserves et les fromages, je trouve qu’ils sont beaucoup moins chers par rapport à ceux, proposés dans les autres magasins. En plus, ces produits sont fabriqués à l’étranger. C’est dire qu’ils sont de bonne qualité…», affirme une ménagère, qui fait ses courses de la journée aux parages de Bab Marrakech, en précisant qu’une somme d’argent modeste, lui permet souvent d’acquérir des produits variés. Il est vrai que les prix pratiqués permettent aux familles dont les bourses sont modestes de s’approvisionner en ces produits à large consommation pendant ce mois sacré. La quantité prime sur la qualité. Et tant qu’il n’y a pas de problèmes, intox-infection, infection, intoxication ou autres problèmes sanitaires, les services de contrôle demeurent aux abonnés absents, en dépit des réclamations et des protestations des commerçants du secteur formel.
De leur côté, les marchands, qui exercent cette activité illégale, ne cachent pas leur inquiétude, malgré le bénéfice, à propos des descentes des éléments de la police et des agents des forces auxiliaires. « Même s’il y a une large marge de bénéfice, on n’arrive pas parfois à s’en sortir. Si les marchandises sont saisies, en cours de transport ou ici au souk, il est difficile de se rattraper. Mais, il n’y a pas d’autres alternatives », affirme un marchand spécialisé dans la vente des produits de contrebande à Hay Hassani. Il faut dire que ce phénomène de la contrebande, à l’instar de l’immigration clandestine, existe dans tous les pays en voie de développement. Un phénomène qui ne date pas d’aujourd’hui. Difficile de verrouiller les frontières devant les contrebandiers. Surtout lorsqu’on sait que nos voisins ibériques inondent notre marché par ces produits rejetés par la chaîne de distribution ou fabriqués par des unités installées principalement dans ce but à Sebta et Mellilia, pour approvisionner le marché marocain. Ainsi, ce phénomène de contrebande constitue un gouffre qui engloutit chaque année plusieurs milliards de dirhams.
Aujourd’hui, avec le chômage qui monte en flèche, l’ampleur du fléau dépasse largement les moyens des différents points de la douane. Même si, les services de la douane renforcent le contrôle sur les différents points dans le nord, les agents sont dépassés par l’ampleur du phénomène.
La meilleure formule pour mettre un terme à ce fléau réside, selon les connaisseurs, dans la coopération avec le voisin du Nord. Rabat a toujours manifesté cette volonté. Mais les responsables espagnols ne l’entendent pas de cette oreille et continuent de manoeuvrer, dans tous les sens, en jetant la balle dans le camp du Maroc.

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