Contraception d’urgence : Comment éviter une grossesse non désirée

Contraception d’urgence : Comment éviter une grossesse non désirée

Rapport non protégé, oubli de la pilule, préservatif déchiré, autant de situations susceptibles de donner lieu à des grossesses non désirées. La solution ? Le recours à la contraception d’urgence.
La pilule du lendemain qui existe au Maroc depuis 2008 constitue une solution d’urgence. Cette méthode contraceptive exceptionnelle permet d’éviter une grossesse non désirée après un rapport sexuel non ou mal protégé. «Son introduction au Maroc est très symbolique. C’est une véritable avancée. L’utilisation de cette pilule prouve l’existence de rapports sexuels non protégés et extra conjugal dans notre société. Cette contraception d’urgence est utilisée essentiellement chez les jeunes filles», affirme Pr Chafik Chraïbi. La pilule du lendemain agit en retardant l’ovulation si celle-ci n’a pas encore eu lieu. Plusieurs études ont démontré que la pilule du lendemain n’a pas d’action sur l’endomètre et qu’elle est inefficace lorsque la nidation a commencé. Cette pilule vendue en pharmacie au prix de 94 DH se présente sous forme d’un seul comprimé à avaler. Cette contraception d’urgence doit être prise le plus tôt possible, c’est-à-dire au maximum trois jours après le rapport sexuel. Son efficacité décroît en effet au fur et à mesure que le temps passe (voir entretien). Elle ne remplace pas une contraception régulière. Son surdosage hormonal ne permet pas une prise quotidienne. La pilule du lendemain ne peut en aucun cas interrompre une grossesse déjà en cours et ne protége pas contre les risques de transmission des MST (Maladies Sexuellement Transmissibles) notamment le sida et l’hépatite B. Seul le préservatif offre une véritable protection. Cette pilule comme tout médicament présente des contre-indications. Les nausées et les vomissements sont les effets secondaires les plus courants. Cela dit, d’autres effets peuvent survenir notamment des vertiges, de la fatigue… «Les femmes qui ont un cancer du sein ou une insuffisance hépatique sévère doivent éviter de prendre ce médicament», précise le Pr Chraïbi. La plupart des effets secondaires disparaissent dans les 24 heures qui suivent la prise de la pilule. À noter que la prise répétée de la pilule du lendemain au cours d’un même cycle menstruel peut provoquer des perturbations du cycle ainsi que des saignements. D’autres méthodes contraceptives sont plus efficaces pour éviter une grossesse et aussi plus abordables. «La meilleure protection pour les jeunes reste le préservatif qui a l’avantage de protéger contre les IST. Pour les jeunes couples, il est préférable que la jeune épouse prenne une pilule permanente mini dosée. Les femmes ayant deux enfants doivent recourir plutôt au stérilet. Quant à celles qui ont quatre enfants, elles devraient utiliser des injections tous les trois mois ou recourir en dernier lieu à une ligature des trompes si elles ne souhaitent plus avoir d’enfants», recommande Pr Chraïbi. La pilule du lendemain est loin d’être ancrée dans les habitudes des Marocaines. Seule une minorité connaît son existence et très peu de femmes savent comment l’utiliser. En témoigne le nombre très important d’IGV au Maroc. «Une grossesse non désirée aboutit à l’avortement dont les conséquences peuvent être parfois tragiques. Il vaut mieux prévenir que guérir», conclut-il.


Dans quels cas doit-on recourir à une contraception d’urgence ?
Une femme peut avoir un jour ou l’autre besoin de la contraception d’urgence pour éviter une grossesse non désirée.
La contraception d’urgence a été conçue pour répondre aux situations suivantes:
– Absence de contraception,
– Déchirure, glissement ou utilisation incorrecte du préservatif,
– Oubli du contraceptif oral associé, pendant trois jours consécutifs ou plus
– Prise de la mini-pilule (progestatif seul) avec plus de trois heures de retard,
– Injection contraceptive avec plus de deux semaines de retard,
– Injection mensuelle d’une association estrogène plus progestatif avec plus de sept jours de retard,
– Déplacement, mise en place tardive ou retrait trop précoce d’un dispositif transdermique ou d’un anneau vaginal contenant une hormone contraceptive,
– Déplacement, rupture, déchirure, ou retrait trop précoce d’un diaphragme ou d’une cape cervicale,
– Coïtus interruptus mal conduit (éjaculation dans le vagin ou sur les organes génitaux externes),
– Comprimé ou film spermicide dissous avant le rapport,
– Erreur de calcul de la période d’abstinence périodique ou pas d’abstinence pendant la période de fécondité,
– Expulsion du dispositif intra-utérin (DIU),
– Viol, si la femme n’était pas protégée par une méthode efficace de contraception.

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