Contre la carence en micronutriments

Contre la carence en micronutriments

Le ministère de la Santé vient de lancer, en collaboration avec l’USAID, un programme national de lutte contre les troubles dus aux carences en micronutriments. Ce programme, Eté 2003, consiste à promouvoir la supplémentation micronutriments (le fer et les vitamines « A » et « D »). La supplémentation consiste à administrer aux enfants et aux femmes enceintes un apport en fer ainsi qu’en vitamines « A » et « D » sous forme médicamenteuse. Et pour cause, les carences en micronutriments sont un véritable problème de santé publique. Depuis plusieurs années, le ministère de la Santé a réalisé des enquêtes nationales qui ont révélé que 41 % des enfants (de 6 mois à 6 ans) présentent une carence en vitamine A, 33% des enfants (de 6 mois à 5 ans) présentent une carence en fer, 33% des femmes en âge de procréer présentent une carence en fer, 45% des femmes enceintes présentent une carence en fer, 22% des enfants (de 6 à 12 ans) présentent un goitre et 2,5% des enfants présentent des signes radiologiques de rachitisme. Le constat est alarmant. Il faut donc agir rapidement sur plusieurs les fronts. Pour ce faire, le ministère compte opérer sur trois axes. Le premier consiste à promouvoir la supplémentation en vitamines « A » et « D » et en fer pour les enfants et les mères. Ainsi, la vigilance des médecins, publics et privés, est fortement sollicitée. Ils sont appelés à prescrire ces micronutriments chaque fois qu’une carence est constatée chez un patient. Le second axe de la stratégie du ministère de la Santé permettra d’encourager l’éducation nutritionnelle. Une campagne de sensibilisation a été lancée à l’adresse de la population la plus sensible: les femmes enceintes, les mères et les nouveaux-nés. Il s’agit de promouvoir l’allaitement maternel exclusif jusqu’à 6 mois ainsi que la consommation d’aliments riches en micronutriments (par exemple, les lentilles et les épinards pour un bon apport en fer). Enfin, le programme prévoit l’enrichissement des aliments de base à large consommation en fer et vitamines « A » et « D ». Ces aliments sont essentiellement le lait, la farine et l’huile. Il faut souligner que les effets de la carence en micronutriments sont très graves pour la santé publique. L’anémie (carence en fer) provoque des accouchements prématurés chez les femmes enceintes. Les statistiques classent le Maroc parmi les pays les plus touchés par cette maladie. La vitamine »A » est nécessaire au bon fonctionnement du système immunitaire. Une carence en vitamine « A » provoque des troubles de croissance osseuse et des pertes d’appétit pour les nouveaux-nés. La vitamine »A » intervient également dans la prévention de la cécité chez l’enfant. Le ministère de la Santé espère éradiquer la carence vitamine « A » d’ici 2010. Les aliments les plus riches en vitamine »A » sont le foie, la viande, les oeufs, le lait et ses dérivés. Cette vitamine est présente aussi dans les légumes à feuilles vert-foncé, les légumes et les fruits à pigment jaune foncé et orangé (carottes, courges, patates douces, pêches, abricots…). Par ailleurs, un enfant qui n’a pas reçu de vitamine « D » a un risque, 14 fois plus élevé, d’avoir le rachitisme qu’un enfant de même âge et de même sexe qui a reçu de la vitamine »D » (essentiellement la D2 et la D3). Une alimentation riche en calcium, en phosphore et en vitamine »D » (viande, abats, oeufs, poissons, lait et ses dérivés) est vivement conseillée. Les principaux signes cliniques du rachitisme sont des atteintes osseuses au niveau des zones de croissance rapide. C’est ainsi qu’au niveau des os longs, on peut observer des déformations des poignées et des chevilles ainsi qu’au niveau des membres inférieurs.

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