Coopération : Deux mondes qui nous appartiennent déjà : La Catalogne et le Maroc

Le Maroc et la Catalogne partagent depuis longtemps la même vocation méditerranéenne, qui est devenue le pilier d’une solide amitié. Nous avons une histoire commune et nous partageons le même cadre géographique ; nous avons aussi des intérêts économiques communs et les mêmes enjeux sociaux, inscrits dans un tissu de relations humaines de plus en plus dense et stable.
La Catalogne est l’un des territoires à avoir accueilli le plus tôt les gens venus du Maroc et l’un des premiers de la péninsule à accueillir les regroupements familiaux. Au fil de quatre décennies, le cycle migratoire du Maroc est le mouvement de population étrangère le plus important dans la Catalogne du XXe siècle. L’intensité de ces dernières années n’empêche pas le passage de la communauté marocaine par une phase de stabilisation dans notre société.
La Catalogne reçoit actuellement plus de 30% de la population marocaine présente en Espagne, soit la plus forte densité; de même, la communauté marocaine est la communauté étrangère la plus représentée en Catalogne.
Aucun collectif étranger arrivé dans notre pays à la suite de phénomènes migratoires n’a le niveau de pénétration territoriale de la communauté marocaine en Catalogne. Ce facteur, qui est dû à la reproduction de modèles de peuplement semblables à ceux issus de migrations plus anciennes, venues de l’intérieur de l’État espagnol, a facilité la constitution d’un capital social et culturel, déjà fortement ancré dans notre patrimoine collectif.
Le gouvernement catalan a posé un ensemble de priorités liées à la cohésion sociale et, d’une certaine manière aussi, à l’immigration qui a trouvé chez nous une terre d’accueil. Par exemple, assurer la scolarisation des nouveaux venus, comme nous le faisons déjà avec plus de 31 400 élèves originaires du Maroc, qui représentent plus de 25 % de l’ensemble des enfants étrangers scolarisés en Catalogne. Investir là où il le faut, dans les quartiers défavorisés, pour éviter la ségrégation sociale et résidentielle, issue de l’intensification des phénomènes migratoires de ces dernières années. Sans oublier l’instauration d’une politique économique stimulant la création d’emplois et l’amélioration de la productivité.
Nous souhaitons que la Catalogne serve de référence à l’ensemble de l’Espagne et aux pays du bassin méditerranéen en général, en matière de politiques d’intégration des immigrés. La collaboration et les efforts des autorités marocaines et du tissu civique et associatif de notre pays seront fondamentaux à l’avenir, tout autant que le contrôle des réseaux qui exploitent l’immigration illégale et le développement de programmes d’embauche dans les pays d’origine.
La Catalogne a toujours voulu se placer à l’avant-garde de la politique de coopération espagnole avec le Maroc. La population marocaine qui vit et travaille en Catalogne, citoyens à part entière le plus souvent, doit avoir la porte ouverte au dialogue culturel, mais doit aussi contribuer à resserrer les liens sociaux et les complicités économiques, commerciales et de codéveloppement avec son pays d’origine.
Puisse ce dialogue canaliser la pensée de frontière dont nous parle l’écrivain Najat El Hachmi, qui a quitté le Maroc à l’âge de huit ans et qui vient de remporter cette année le Prix littéraire Ramon Llull, l’un des prix les plus prestigieux en Catalogne. Cette pensée de frontière sert «à comprendre deux réalités différenciées, une manière de faire, d’agir, d’être, de sentir, d’aimer, la quête du bonheur à cheval entre deux mondes» qui nous appartiennent déjà.
La Catalogne et le Maroc ont sous les yeux des chances indiscutables de coopération positive et de bénéfice mutuel.


 Bio express de José Montilla Aguilera


Né le 15 janvier 1955 à Iznájar, dans la province de Cordoue, il vit en Catalogne depuis 1971, année où sa famille vint s’établir à Sant Joan Despí. Marié, père de cinq enfants, après ses études d’économie et de droit à l’université de Barcelone, il entre dans l’Administration publique.
Dès son jeune âge, il milite au sein d’organisations de gauche avant d’adhérer au Parti des socialistes de Catalogne (PSC) en 1978. Aux premières élections municipales démocratiques, il est élu conseiller municipal à la mairie de Sant Joan Despí.
En 1983, il est tête de liste de la candidature socialiste à la mairie de Cornellà de Llobregat, dont il sera maire en 1985 et maire réélu à la majorité absolue aux élections de 1987, 1991, 1995, 1999 et 2003.
Son parcours politique dans les rangs du Parti des socialistes de Catalogne (PSC-PSOE) est très intense et comprend la prise en charge de diverses responsabilités. En 2000, il est nommé premier secrétaire du PSC et devient, la même année, secrétaire exécutif de la commission exécutive fédérale du PSOE. Aux élections générales de mars 2004, il est élu député.
En 2006, le Parlement l’investit 128e président de la Generalitat de Catalogne. Montilla préside un gouvernement de coalition formé par le PSC, ERC et ICV-EUiA.
Grand amateur de romans noirs et de voyages, il sillonne l’Europe dès l’adolescence et voyage un peu partout dans le monde, surtout en Afrique, un continent qu’il connaît bien et qui l’attire particulièrement.

José Montilla Aguilera Président de la Generalitat de Catalogne

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