Coopération transfrontalière

La visite du président de la « Junta » (gouvernement autonome de l’Andalousie), Manuel Chaves, au Maroc a enfin une date précise. Elle aura lieu les 18 et 19 mars. Cette visite, la sixième du genre, était prévue en décembre 2001, mais elle avait été reportée à cause de la tension diplomatique entre le Maroc et l’Espagne.
Aujourd’hui, le chef du gouvernement andalou veut profiter de la normalisation des relations entre Rabat et Madrid pour relancer toutes les opportunités de coopération entre les gouvernements marocain et andalou. Ainsi, le déplacement de Chaves au Maroc sera marqué par la signature d’un accord sur la mise en application du Plan de Développement Transfrontalier (PDT) dont le budget est de 48 millions d’euros et qui sera cofinancé par les deux gouvernements. La répartition sera de l’ordre de 75 % pour la partie andalouse, alors que l’apport du Maroc sera de 25 %. Rappelons que le PDT était né d’un ensemble de débats qui avait eu lieu à Séville en novembre 2000 lors d’un colloque sur les relations entre l’Andalousie et le Maroc. Une année après, en 2001, il était déjà finalisé et prêt à une mise en application conjointe, mais il fut ajourné à cause de la crise maroco-espagnole. Il s’agit, affirment les responsables andalous, du projet de coopération le plus important prévu par le gouvernement andalou.
« C’est un plan unique en ce qui concerne ses caractéristiques par rapport à tout ce qui a été entre une communauté autonome et le Maroc », a affirmé le Conseiller de la présidence andalouse, Gaspar Zarrias, qui a annoncé la date de la visite. Zarrias, qui parlait lors d’une conférence de presse qu’il a tenue dans la ville andalouse de Jaén, a insisté sur la volonté de son gouvernement de développer les relations avec le Maroc et de « récupérer le temps perdu ».
Il a aussi annoncé que le PDT est basé sur sept axes de développement:
– Le volet « services sociaux » dont la lutte contre la pauvreté, l’éducation et la santé.
– Le développement social, avec la promotion des secteurs comme l’enfance, la jeunesse, les personnes âgées, la femme, les handicapés…etc.
– Le développement économique : agriculture, tourisme, commerce…etc.
– Les infrastructures : le transport, l’eau, l’aménagement du territoire…etc.
– Coopération dans le domaine de la formation des fonctionnaires des collectivités locales ainsi que l’échange d’expériences dans le domaine de la décentralisation.
– Culture. – Environnement et Energie.
Rappelons que le Maroc et l’Andalousie ont toujours entretenu des relations privilégiées où les deux parties ont donné l’exemple en matière de coopération transfrontalière. Par ailleurs, à Madrid, le gouvernement central ne voit pas d’un bon oeil la visite du président andalou au Maroc et estime que toute visite officielle d’un responsable autonome doit se faire dans le cadre de la concertation avec l’exécutif central. La visite de Chaves, qui est un socialiste, rappelle à certains responsables du Parti Populaire la visite du secrétaire général du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE), José Luis Rodriguez Zapatero, au Maroc en pleine crise entre les deux pays.
Outre cet aspect politique, la volonté des autonomies espagnoles de renforcer leur coopération avec le Maroc pose un problème pour le gouvernement central qui perd de plus en plus de cartes qu’il utilisait dans ses rapports avec le Maroc.

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