Courrier des lecteurs : Et si Éve voyait le cinéma autrement ?

Est-ce vraiment le fait d’évoquer le thème de la femme dans le cinéma national est un signe d’un certain intérêt porté sur la moitié de la population, ou juste une mode passagère qui vient meubler un vide dans un monde où elle a toujours été au bas de l’échelle ? Cette question n’est certainement pas gratuite dans la mesure où le Maroc vit une ère assez spéciale où la femme a suscité un intérêt particulier au niveau de son statut juridique et social par les plus Hautes autorités du pays y compris Sa Majesté le Roi Mohammed VI qui veille personnellement à ce que cette question ait l’importance qu’elle mérite. Et a mis fin à toute la polémique qui a suivi le projet de l’intégration de la femme dans la société en tant qu’un être à part entière.
Le cinéma national a donc soulevé cette problématique et a essayé de relater l’image de la femme dans plusieurs films notamment ceux signés par Saad Chraïbi, Hakim Noury, Mustapha Derkaoui, Majid Rchich ; Farida Benlyazid et beaucoup d’autres,des films qui ont pu toucher un large public et ont eu un succès que le7ème art marocain n’a jamais eu auparavant, ceci dit notre «chère citoyenne» n’a jamais baissé les bras même quand il s’agit de la saboter, car elle continue à lutter de toutes ses forces et a réussi à dire son chapitre à elle, mais aussi elle cherche à s’imposer dans des «boulots» dans lesquels elle peut s’affirmer complètement, et c’est dans le cinéma où elle a fait une entrée fracassante non en tant que comédienne ou actrice mais en tant que réalisatrice et ceci dans le but de porter une touche féminine au produit filmique, elle a donc assumer son rôle de maestro dans la fabrication des films .
Le women’s movie ou le women film maker est donc devenu non un phénomène ou une exception mais un FAIT. Présente dans toutes les activités, les festivals internationaux, elle sort toujours la tête haute, distinguée, primée, nombreuses sont nos réalisatrices marocaines sur place ou à l’étranger qui ont pu avoir une place privilégiée sur la scène cinématographique en sillonnant le monde avec leurs bobines, telles que nos pionnières du grand écran notamment Farida Benlyazid, fidèle à Kid n’ssa, Farida Bourquia plutôt active en téléfilms mais toujours avec le souci des femmes, Imane Elmasbahi bien qu’elle se fait rare, elle est toujours derrière sa caméra, Leila Triqui qui cartonne avec ses courts métrages Narjiss Nejjar et ses yeux secs… Mais le plus beau, ce sont les jeunes réalisatrices installées à l’étranger et qui ne cessent de nous surprendre à chaque passage dans les grands rendez-vous du 7ème art, citons Souad El Bouhati (France) saluée au festival de Caen avec son court métrage «Salam», Fatima El Ouazzani (hollande) et «La maison de son père» dans lequel elle adresse une lettre ouverte à un papa pas très tendre, Yasmina Kassari dont le film «Enfant endormi» vient d’être largement primée au festival de Freiburg en Suisse, les sœurs Bouziane Anissa et Yasmina de chez l’oncle Sam ont charmé plus d’un critique et cinéphile lors de leur participation au premier Festival international de Marrakech. Elles sont donc présentes sur tous les fronts et n’ont besoin de la légitimité de personne pour dire silence, on tourne.

Amina Barakat
Rabat

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