Courrier-des-lecteurs : La OLA de Tétouan

La descente policière, fort médiatisée, au cours d’une fête des marginaux de Tétouan en passe, semble-t-il, de célébrer un mariage homo sous couvert d’une soirée d’anniversaire, interpelle l’ensemble de la société. Si cette dérangeante assistance a fait couler beaucoup d’encre, bien que suscitant moins d’intérêt populaire que l’Euro 2004 ; elle n’a cependant pas eu d’écho auprès des pays, des médecins ou des sociologues. Aucun de ces éminents praticiens ne s’est penché sur ce phénomène de société.(…) Il s’agit en effet, d’abord, d’un problème médical aussi bien pour les homosexuels que pour les lesbiennes.
Encore moins, aura-t-on enregistré une manifestation quelconque des associations des droits de l’Homme et de la pléthore des défenseurs des libertés individuelles et des droits des citoyens. Une fois de plus, à un problème sociétal, la riposte n’aura été que policière et, seulement, sécuritaire. Il aura fallu qu’un délateur n’a pu supporté les éclats d’une jeunesse qui s’amuse pour que 43 jeunes dont 8 jeunes filles connaissent les affres de l’emprisonnement. Ce ne fut que durant 48 heures grâce aux nouvelles lois dues aux avancées universelles de la protection des citoyens. S’il ne s’agissait que de notre libre arbitre souverain, en dehors de toutes contraintes internationales ; ils y seraient encore dans les sinistres geôles de Tétouan !
Une fois de plus, la société est confronté au tabou qui couvre un fait réel qu’elle n’est pas moralement armée à traiter ni courageusement disposée à admettre. Elle s’inscrit, comme souvent, dans la tendance des professionnels de l’hypocrisie qui se persuadent ou tendent de nous persuader que notre société forte de ses valeurs ancestrales, soi-disant pérennes, ne souffre et ne saurait souffrir d’aucune tare, encore moins de celles de l’Occident décadent. Comme si ces phénomènes de société ne concernent avant tout l’homme ou la femme, avant qu’ils ne soient marocains ou autres.
Cette affaire des marginaux de Tétouan est à méditer parmi le nombre d’autre affaires nombreuses que nous feignons de ne pas voir. Juste parce qu’en notre âme et conscience, nous savons que nous n’avons guère le courage d’y faire face de quelque manière que ce soit.

• Taïeb Jamaï

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