Courrier des lecteurs : Le tourisme à 2M : le problème de la formation

Les invités étaient Mr Alami promoteur de tourisme, Mr Amrani de la chaîne Accor, un représentant de la RAM…etc. Mais pas un seul concerné direct pour parler de la formation touristique dont on n’a pas manqué de parler à tort quelque fois. Un invité a dit par exemple qu’il faut transférer les Instituts de formation touristique du ministère du Tourisme à l’OFPPT (Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail) pour qu’il y ait un seul interlocuteur. C’est drôle parce que le secrétariat d’Etat à la Formation professionnelle, tuteur de cet office est déjà le seul coordinateur et le seul interlocuteur des organismes internationaux pour tout ce qui est formation.
Et cela n’empêche pas qu’il puisse y avoir beaucoup d’intervenants et d’opérateurs comme en Espagne, France, Allemagne, USA…etc. Pourquoi un seul opérateur puisque cela ne va profiter ni au secteur touristique ni à notre pays ? Les invités savent-ils que malgré l’épée de Damoclès qu’est le transfert et qui ronge les Instituts de tourisme, la qualité fait toujours la différence dans ces établissements par rapport aux centres de l’Office de formation.
Au Maroc, ce n’est pas le ministère du Tourisme qui diagnostique, apparemment, ses besoins en formation de la main-d’œuvre et des cadres du secteur, mais c’est l’OFPPT. Un cas unique dans le monde entier. Bizarre mais bien réel dans «le plus beau pays du monde». En effet, cet opérateur en formation essentiellement industrielle n’arrête pas de dire à travers les médias : «Nous avons un manque terrible en cadres touristiques».
Certains responsables du ministère du Tourisme répètent la même chose derrière lui. S’il y a un manque terrible en cadres de tourisme, n’est- il pas dû à leur exportation par l’Etat comme lors de la convention de 2003 entre l’ANAPEC et le groupe espagnol VIPS qui devait permettre à 1000 (mille) cadres hôteliers et de restauration de partir en Espagne.
Par ailleurs, c’est un secret de polichinelle que de dire que des milliers de cadres hôteliers se reconvertissent dans d’autres métiers ou choisissent de faire une carrière à l’étranger. Ils partent dans toutes les régions du globe. Le problème ne réside donc pas dans l’acte de former en effectifs importants ou d’avoir un seul coordinateur ou interlocuteur- puisque de toute manière les jeunes cadres partent sous d’autres cieux plus cléments- mais il est à chercher ailleurs.
Il est, entre autres, dans le manque de recrutement. Il existe des hôtels de 4 et 5* (étoiles) à Marrakech (première destination touristique du pays) dont le personnel ne compte aucun diplômé en tourisme. M. Alami peut- il nous dire quel est le pourcentage exact des lauréats des Instituts de tourisme sur l’ensemble du personnel dans ces hôtels ?
Le chômage des diplômés en tourisme n’est plus un secret. Certaines entreprises touristiques préfèrent les employés non spécialisés ou les stagiaires- qui sont une main-d’œuvre moins chère ou même gratuite- au recrutement d’un diplômé. (Voir La Vie Touristique du 30 septembre 2004, p.16).
L’entreprise touristique serait- elle donc l’une des raisons de la fuite des cadres et du chômage des diplômés puisqu’il y en a qui tournent toute l’année en grande partie grâce aux stagiaires ?

Mohamed El Bouchhati

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