Couverture sanitaire universelle: L’Etat ne s’en sort pas…

Couverture sanitaire universelle: L’Etat ne s’en sort pas…

Selon les acteurs qui ont participé à cette étude,  il est nécessaire de trouver une méthodologie d’immatriculation des indépendants et de mettre en place un système de cotisation adapté et équitable. Ainsi, il est possible d’appliquer le même taux de cotisation à des avocats et des cordonniers.

La couverture sanitaire universelle a fait l’objet d’un débat mercredi à Casablanca. A cette occasion, le think tank Radius a présenté les résultats d’une étude  sur le sujet en recueillant   les avis de divers acteurs (décideurs publics, agences et opérateurs économiques, associations et syndicats, partis politiques, organismes internationaux)…
Il ressort de cette étude que des progrès ont été réalisés en matière de couverture médicale.

Des taux de couverture non négligeables

Les  dispositifs mis en place ont permis d’atteindre un taux de couverture avoisinant les 45%. Le taux de couverture pour l’Assurance-maladie obligatoire (AMO) a atteint, quant à lui, 62%. Au sujet de l’AMO, le Dr  Abdelali Belghiti Alaoui, secrétaire général du ministère de la santé, a indiqué :  «L’AMO a atteint sa vitesse de croisière. Cela dit, elle a encore besoin d’être améliorée. Des amendements  sont en cours,  notamment pour régler le problème de l’article 114 et pour améliorer  la qualité des prestations».

AMI : Le référencement pose problème

Parmi les autres avancées figure l’AMO pour les étudiants qui s’adresse  à 288.000 personnes. Reste à présent la mise en place de l’Assurance- maladie des indépendants (AMI). A ce sujet, le Dr Belghiti Alaoui   estime que «si le Parlement adopte la loi sur l’AMI, le cadre réglementaire de la couverture médicale de base sera bouclé». Mais la partie n’est pas gagnée d’avance. Reste la problématique de l’identification de ces populations. Selon les acteurs qui ont participé à cette étude,  il est nécessaire de trouver  une méthodologie d’immatriculation des indépendants et de mettre en place un système de cotisation adapté et équitable. Ainsi, il est possible d’appliquer le même taux de cotisation à des avocats et des cordonniers.
La couverture sanitaire universelle est impactée par des dysfonctionnements structurels aussi bien sur le plan de la gouvernance que du financement. Sur le plan financier, le secrétaire général du ministère de la santé a relevé que  la part des dépenses publiques dans les dépenses globales de santé a augmenté en passant de  29 à 33%.  Avec la mise en place du Ramed, les hôpitaux publics font face à des problèmes financiers.

Les hôpitaux publics en difficulté

Ces établissements ont vu leurs recettes diminuer de 12%. Une situation qui s’explique par la gratuité des prestations offertes dans le cadre du Ramed. «Le rythme auquel a évolué la mise en place du Ramed était plus rapide que l’extension de l’offre  des soins. C’est pourquoi le gouvernement a mis récemment à la disposition du ministère de la santé un montant  de 1 milliard DH chaque année pour la mise à niveau  des hôpitaux».
Il faut aussi rappeler que l’un des objectifs primordiaux de la couverture médicale de base est de réduire les dépenses des ménages. Au niveau des comptes nationaux de la santé, les derniers chiffres qui remontent à 2010 avaient révélé que  la contribution des ménages dans les dépenses globales de santé s’élève à 53,6%. Ce qui est alarmant selon le Dr Belghiti Alaoui dans la mesure où les experts de l’OMS et de la Banque mondiale considèrent que lorsque la contribution des ménages dépasse les 20%,  on expose ces derniers à l’appauvrissement.

Un Etat régulateur et non gestionnaire

Parmi les pistes de réformes, l’Etat devrait se focaliser sur son rôle de régulateur et de contrôleur. Il ne doit plus cumuler à la fois la régulation et la gestion du système. «Une gestion déléguée (au privée par exemple) d’un certain nombre de prestations d’assurances, auprès des populations ciblées, telles que les salariés ou les indépendants, permettrait de faire jouer la concurrence, et orienter le service vers le bien-être de l’usager»,  suggère Radius.

Le partenariat public-privé
L’ensemble des parties prenantes sondées estime que le secteur privé pourrait jouer un rôle important dans la couverture sanitaire universelle. Cela dit, le privé ne peut être qu’un complément aux efforts de l’Etat et ne peut s’y substituer. Pour leur part, les assureurs privés  confirment être ouverts et favorables à tous les régimes mis en place depuis aujourd’hui.  Ces derniers sont aussi prédisposés à nouer des partenariats avec chaque régime d’assurance.

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