Création d’une association de lutte contre le viol

Création d’une association de lutte contre le viol

La ligue marocaine contre le viol verra bientôt le jour. Le projet de création de cette association est en cours. Derrière l’initiative, une femme, Lamia Tazi, directrice générale d’un laboratoire pharmaceutique. «J’ai voulu initier ce projet car j’ai été consternée par l’ampleur des cas de viol au Maroc et révoltée du mutisme à l’égard de ce fléau», affirme Mme Tazi. C’est précisément au cours d’une étude du marché sur la «pilule du lendemain» que le laboratoire a été scandalisé par le nombre alarmant et inquiétant du nombre de viols et du recours à l’avortement. «Lors d’une rencontre, l’Association marocaine de planification familiale nous a fait part de statistiques alarmantes sur l’avortement et la mortalité post-natale. Il y aurait 300.000 à 400.000 cas d’avortement par an. Deux femmes sur dix meurent d’une grossesse non désirée», explique un responsable du laboratoire. Le viol demeure encore un sujet tabou dans notre société. Loin de recevoir un soutien moral de leurs familles, les victimes sont la plupart du temps rejetées. Cette association vise à briser tous les tabous qui rendent impunis les violeurs et à apporter assistance aux femmes victimes d’agressions sexuelles à travers la mise en place de centres d’accueil.  A travers cette initiative, Mme Tazi souhaite que la ligue regroupe plusieurs femmes actives (sportives, journalistes, parlementaires, femmes au foyer…) mais aussi plusieurs associations féminines. «Nous avons l’intention de mettre en place des centres d’accueil dans les différentes villes du Royaume ainsi qu’un observatoire national du viol», explique un responsable du laboratoire avant d’ajouter que «nous envisageons d’ouvrir un premier centre d’accueil l’année prochaine». Un débat national sur le viol aura prochainement lieu. «A l’issue de ce débat, il y aura une assemblée constitutive pour désigner notamment le président , le secrétaire général et les autres membres de la ligue», indique la même source.  Des pourparlers fructueux ont déjà été entamés avec Yasmina Baddou, ministre de la Santé, Bassima Hakkaoui, présidente du groupe parlementaire du PJD et Mohamed Grigaa, directeur exécutif de l’Association marocaine de planification familiale. Ces derniers ont exprimé leur volonté d’adhérer à cette ligue et d’apporter leur soutien pour la bonne marche des futures actions qui seront entreprises. «C’est une très bonne initiative qui permettra de lutter contre ce fléau mais surtout de lever les tabous», souligne Mohamed Graigaa, directeur exécutif  de l’Association marocaine de planification familiale (AMPF). Le laboratoire pharmaceutique ne compte pas s’arrêté-là. Plusieurs autres personnes ont été conviées à rejoindre l’association en l’occurrence Nezha Skalli, Nawal El Moutawakil, Latifa Abida, Amina Benkhadra et bien d’autres.


Le viol dans le code pénal


Le code pénal marocain définit le viol dans l’article 486 comme étant «L’acte par lequel un homme a des relations sexuelles avec une femme contre le gré de celle-ci». Ce crime est passible d’une peine de cinq à dix ans de prison. S’il est commis sur une mineure de moins de 15 ans, la peine est la prison ferme de dix à vingt ans. Si le coupable est un ascendant, un tuteur ou un serviteur de la personne violée, ou s’il est fonctionnaire ou ministre d’un culte, l’infraction est assortie d’une circonstance aggravante et la réclusion portée de dix à vingt ans dans le premier cas, de vingt à trente ans dans le second.

 

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