Crime sous l’emprise de l’alcool

Crime sous l’emprise de l’alcool

Omar n’a jamais imaginé qu’il commettrait un jour un crime ou qu’il passerait une partie de sa vie derrière les murs de la prison. Originaire de Casablanca, ce quadragénaire a quitté les bancs de l’école à la cinquième année d’enseignement secondaire. Indigence oblige, il a décidé de s’initier à un métier. A peine il commence à apprendre un métier, il se fatigue très vite et l’adandonne. L’idée d’immigrer à l’étranger l’intéressait de plus en plus. Il pense sérieusement à atteindre clandestinement l’Eldorado européen. En effet, il a commencé à fréquenter régulièrement le port de Casablanca en quête d’un bateau traversant la Méditerranée vers le continent européen. En 1987, il est arrivé à se faufiler avec d’autres rêveurs de l’Eldorado dans un bateau. Il pensait, à l’instar des autres adolescents qui l’accompagnaient, qu’il ira vers l’Espagne. Quelque temps plus tard, le bateau est arrivé à sa destination. Sans attirer l’attention des membres de l’équipage, les adolescents dont Omar ont réussi à sortir du bateau. Chacun d’eux a pris un chemin différent de l’autre pour ne pas mettre la puce à l’oreille des policiers. En avançant de quelques kilomètres dans une ville, Omar s’est adressé à quelques passants pour savoir où il se trouve. A son grand étonnement, il a appris qu’il est au Portugal et non pas en Espagne. Il y est resté une année à travailler en noir contre un salaire dérisoire. Ne pouvant plus supporter cette situation, il a décidé de tenter une autre fois d’immigrer vers l’Espagne. Il s’est alors glissé dans un bateau qui a traversé cette fois-ci l’Atlantique pour arriver au Brésil. Il y a passé quelques mois pour regagner la mère-patrie. En 1992, il est retourné clandestinement au pays de la Samba pour y passer trois ans avant de rebrousser chemin à Casablanca en 1995.
Depuis, il a décidé de ne plus immigrer ni vers le continent européen ni vers l’Amérique latine. Il s’est engagé à gagner sa vie au Maroc. Il s’est lancé alors dans le domaine de la ferraille. Il se déplaçait régulièrement entre Casablanca et Inzegane à Agadir.
Au fil du temps, il a réussi à économiser un peu d’argent et a loué une maison au quartier Al Jorf à Agadir. Depuis, il en a passé la majorité de son temps avant de retourner à sa ville natale. Entre temps, il a rencontré son ami d’enfance, Brahim. Ce dernier, qui était en chômage depuis belle lurette, lui a demandé de l’aider à trouver un emploi. Omar l’a sollicité de l’accompagner à Agadir pour commencer à apprendre le commerce de la ferraille. Plein de joie, il l’a rejoint quelques jours plus tard son sac à la main.
Omar l’a accueilli chaleureusement et lui a demandé de commencer à l’accompagner au marché de la ferraille. Cependant, Brahim a choisi de rester à la maison sans faire un effort pour gagner sa vie.
Omar a tenté de l’encourager. Mais en vain. Paresseux, il attendait l’arrivée d’Omar pour lui préparer le déjeuner et le dîner et pour lui verser quelques dirhams pour acheter des cigarettes. Il passait son temps dans les cafés. Deux mois passés, Omar ne peut plus supporter cette situation. Il décide alors de demander à Brahim de chercher un emploi ou partir. Un soir, les deux hommes s’énivraient. Omar a saisi l’occasion pour discuter avec Brahim au sujet de la recherche d’un emploi. Et comme s’il a été piqué par une mouche, ce dernier a perdu ses nerfs et a commencé à insulter son ami. Omar quitta la maison pour rejoindre quelques amis et s’enivrer avec eux jusqu’à 2h du matin. En retournant chez lui, il a remarqué que Brahim qui se plongeait dans un profond sommeil a gardé un couteau près de lui. «Pourquoi garde-t-il un couteau près de lui?», se demanda-t-il. «A-t-il l’intention de me tuer ?», s’inquiéta-t-il. Omar avança vers le lit pour reprendre le couteau. Il assena trois coups mortels à Brahim. Après quoi, il s’est rendu à la gare routière, a pris l’autocar qui l’a emmené à Tanger. Il pensait immigrer clandestinement vers le continent européen. Seulement, il a décidé quelques jours plus tard, de se présenter devant la police de Tanger pour leur affirmer : «J’ai tué mon ami».

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