«Darna», espace socioculturel

Face au flot des enfants errants, l’association «Darna» à Tanger propose depuis 1995 un havre de paix aux marmots de la rue. Soutenus par le gouvernement, l’UNICEF, la coopération espagnole et la région Province-Alpes-Côte d’Azur (PACA), les bénévoles ont mis en place dans la casbah un refuge de nuit, ainsi que des ateliers d’alphabétisation et d’apprentissage des métiers artisanaux et traditionnels et un espace communautaire des jeunes de Tanger. Ce Centre culturel d’initiatives citoyennes de Tanger-Darna, que le président français Jacques Chirac et son épouse Bernadette ont visité, vendredi, est l’une des structures les plus actives dans le champ associatif marocain, au service des couches vulnérables de la capitale du Détroit. Reconnue d’utilité publique en octobre 2000, l’association « Darna » dirige actuellement quatre structures socio-éducatives d’accueil, dédiées aux enfants et aux femmes en difficulté. Il s’agit de la maison communautaire des jeunes, dite «Maison bleue», le refuge de nuit pour enfants, la ferme pédagogique de Ziaten et la maison communautaire de la femme. La «Maison bleue» accueille une centaine d’enfants encadrés par une vingtaine d’éducateurs qui leur dispensent une riche variété de formations dans six ateliers professionnels, portant sur la menuiserie, la plomberie, la couture, la boulangerie, l’informatique, la céramique et la photographie. Le refuge de nuit, ouvert aux enfants en difficulté, âgés de 7 à 17 ans, essaie de répondre aux besoins fondamentaux des bénéficiaires en leur offrant gîte, nourriture et sécurité, tandis que la ferme pédagogique est destinée à la réinsertion des jeunes d’origine rurale à travers des cycles de formation pratique leur permettant de se ré-approprier les diverses facettes du métier de l’agriculture. La maison communautaire de la femme est destinée aux femmes en difficulté, mères célibataires, femmes divorcées, etc. Sur une superficie de 650 m2, la maison accueille près de 300 bénéficiaires. Il s’agit d’un espace de rencontre et d’écoute où les femmes peuvent rompre avec leur isolement et retrouver confiance en elles-mêmes à travers un travail pédagogique et thérapeutique basé sur la formation, l’alphabétisation et l’apprentissage de métiers leur permettant de se prendre en charge. La ville de Tanger manifeste une prospérité économique et culturelle remarquable mais aussi des extrêmes de richesse et de pauvreté qui sont accentués par l’explosion de la population ces dernières années. Dans ce cadre, l’association «Darna» mène des actions socioculturelles contre l’exclusion des personnes défavorisées et surtout les jeunes afin d’aider leur insertion dans la vie active et professionnelle. Chaque été, pour éviter le désoeuvrement et la tentation de la traversée vers l’autre rive, l’association envoie les pensionnaires en colonie de vacances. Il faut dire malgré la bonne volonté des bénévoles et des salariés, Darna ne peut assumer, seule, le phénomène des enfants errants et n’a pas les capacités de les accueillir tous, vu l’ampleur de la tâche et le manque, et surtout l’absence de pérennité, de moyens.

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