Dchira : la leçon de patriotisme

Dchira : la leçon de patriotisme

Une foule nombreuse était venue ce mercredi 28 février 2007 au cimetière des Chouhadas, dans la commune de Dchira, à l’est de Laâyoune, pour se recueillir sur les tombes des martyrs tombés sur le champ d’honneur pour défendre l’intégrité territoriale du Royaume. Au milieu de cette foule, Baba Ahmed Adouihi, les larmes aux yeux et la tête bourdonnant de souvenirs, fixe l’horizon qui offre une vue panoramique sur une partie des lieux qui furent le théâtre, le 13 janvier 1958, de la grandiose bataille de Dchira ; un événement-phare qui restera à jamais gravé dans les mémoires.
Le visage recouvert d’une barbe blanche et bruni par le soleil, Baba Ahmed Douihi se souvient de cette bataille héroïque comme si c’était hier. «J’avais 21 ans et je n’ai pas hésité une seule seconde à prendre les armes et à  défendre notre chère patrie», confie-t-il dans une déclaration à ALM. Tout en remontant le cours de l’histoire, il se dirige d’un pas ferme et décidé vers la plaque commémorative à la porte du cimetière qui rappelle les douze combattants marocains tombés sur le champ d’honneur durant la bataille de Dchira. Il effleure d’une main tremblante la plaque et lance d’une voix enrouée par l’émotion :  «Avec l’aide de deux amis combattants pour la liberté, j’ai enterré dans la nuit les douze martyrs atteints par les balles des troupes espagnoles installées dans cette région et qui disposaient d’une armée forte et dotée d’un armement moderne et sophistiqué».
Après un long moment de silence, il explique que «c’était une bataille rude et déséquilibrée, mais l’ennemi a été surpris par la  détermination, l’esprit de sacrifice et l’héroïsme avec lesquels les membres de l’armée de libération ont fait face, lors de cette historique bataille».
Ayant encore bon œil et bon pied, cet éleveur de bétail (dromadaires, bovins et caprins), souligne avec fierté que c’est dans les falaises de Dchira que les troupes espagnoles (1.600 soldats) ont été défaites par les résistants marocains du sud.
«Ce jour-là, indique-t-il, on a délogé les Espagnols d’une position stratégique et on a rapidement accaparés leur matériel de transmission, avant de lancer des assauts bien orchestrés qui s’étaient soldés, selon un bilan officiel, par une dizaine de morts et des centaines de blessés dans les rangs de l’ennemi qui, dans sa fuite, a laissé derrière lui une importante quantité de munitions de guerre». M.Baba Ahmed Adouihi, fait remarquer que le bilan des pertes en vies humaines était beaucoup plus élevé dans les rangs de l’armée espagnole, mais comme il s’agissait d’une puissance coloniale européenne, on a quelque peu minimisé sa défaite. «Le souvenir de cette bataille, relève-t-il, me rajeunit et me rappelle constamment que quand on a foi en Dieu et que l’on aime la patrie, on peut déplacer des montagnes». Il rappelle également que le lendemain de cette bataille, les résistants marocains ont été accueillis en héros par les populations de la région. Pour lui, cet événement-phare a sonné le glas pour le colonisateur. Il a été le début d’une série de victoires contre les forces espagnoles au Sahara marocain, notamment lors des batailles de «Rghiwa», «Lamsid», «Oum Lâacher» et «Mergala». «C’était une étape du long processus de lutte menée par Feu SM Mohammed V pour la libération du Maroc, relève-t-il, un processus sur lequel a persévéré Feu SM Hassan II pour la récupération des provinces du sud du Royaume», ajoute-t-il. Fidèle à ces hauts faits, le peuple marocain a célébré dans la journée du mercredi 28 février le 49ème anniversaire de la bataille de Dchira et le 31ème anniversaire du départ du dernier soldat espagnol des provinces du Sud.

DNCR à Lâayoune

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