De la créativité en politique

Aujourd’hui le Maroc : Pourquoi se présenter aux élections ?
Abdellatif Zine : Je pense avoir toujours été attiré par la politique. À 13 ans, j’ai rejoint le rang de la résistance à Derb Toulba à Casablanca. Je distribuais des tracts, faisais différentes courses pour les nationalistes. Mais je pense que ce qui a éveillé ma conscience politique, ce sont les instituteurs que j’ai eus à l’internat de l’école Guessouss. Là-bas, j’ai reçu l’instruction de Abdelkrim Felouss, de Bouziane et d’Ahmed Blafrej. Tous de grands nationalistes qui m’ont inculqué l’amour de mon pays.
Qu’est-ce qui peut porter un artiste à faire de la politique ?
La politique n’appartient pas seulement aux politiques qui font de la politique politicienne. Ce n’est pas leur chasse gardée. Toute personne qui a des idées et qui est convaincue de son engagement en faveur de la promotion du pays peut faire de la politique. En matière de dévouement à mon pays, je n’ai rien à apprendre de personne. En plus, j’ai une autre approche de la politique, très éloignée des discours creux et des belles promesses. Ma carte de visite, c’est ma créativité que je traduis en réalisations pragmatiques.
Vous avez une idée de ces réalisations ?
Oui, elles touchent en premier lieu les secteurs de l’artisanat, de l’art, de la culture et du tourisme. Les technocrates ont la main mise sur ces secteurs. Ils ne les valorisent pas de façon à donner la meilleure image du Maroc et à attirer des touristes. L’artiste qui demeure marginalisé dans notre société a des idées. Des idées qui sont avidement recherchées, qui ont un prix dans d’autres pays ! Moi, je vais essayer de lui rendre la place qu’il doit naturellement occuper. Il est révolu le temps où l’artiste était considéré comme un paria contestataire…
En plus, Mohammédia est une ville sinistrée. Elle est polluée de partout. Les berges de oued El Maleh ont été remblayées pour construire des usines. Il y a aussi le problème de la prolifération des bidonvilles, du chômage. Ma créativité, on en a besoin pour trouver des idées neuves à ces problèmes.
Vous ne pensez pas être un peu utopiste ?
L’utopie ! Mais sans les utopistes, on aurait fait du sur-place. Qui sont les visionnaires dans le monde ? Les artistes. On a bien ri des premières voitures futuristes et des architectures modernes. L’idée neuve provoque toujours de la résistance. Je ne crains pas le rire des autres. Et si être utopiste, c’est être visionnaire et voir grand, je me réclame de cet utopisme-là.
Pourquoi le PND ?
Comme je vous l’ai dit au début, j’ai toujours été istiqlalien, donc nourri avec une sensibilité de droite. En plus, le PND défend les paysans du Maroc. Ils représentent 60% de la population.
J’ai des idées pour développer de façon intelligente le tourisme rural, en encourageant les excursions dans la montagne, en rendant la campagne agréable aux citadins, en créant des emplois dans le monde rural pour freiner l’exode rural.
Il est peu fréquent de voir des artistes sympathiser avec des partis de gauche. Qu’en pensez-vous ?
Que veut dire être de gauche ? Est-ce que cela a une réalité dans notre pays ? Je veux bien que l’on me montre un homme de gauche qui siège au Parlement ou occupe un poste au gouvernement et dont la conduite dans la vie dit qu’il se réclame des valeurs du socialisme ? Gauche ou droite, ça ne veut pas dire grand chose. Un parti est riche de ses hommes. C’est la seule ressource véritable. Le reste, c’est l’affaire du vent qu’il fait.
Que pensez-vous du logo du PND?
Il est affreux ! Mais il n’est pas le seul. Tous les logos de nos partis politiques se distinguent par l’injure qu’ils font au goût. En les voyant, on a honte de dire qu’on a des artistes ici. C’est indigne des artistes de ce pays ! Cela montre hélas que l’artiste est la dernière personne à qui l’on pense lorsqu’on parle politique.

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