De la drogue au terrorisme

De la drogue au terrorisme

Il est 13 heures. Ce dimanche après-midi augure d’une journée des plus difficiles. Les agents de la police judiciaire sont déjà sur le pied de guerre. L’instruction donnée par le chef préfectoral de la P.J de la wilaya de Rabat est ferme. Destination : Bab Diwan, rempart du Mellah sis à l’ancienne médina . La bande de Slaoui doit être neutralisée vaille que vaille. L’information recueillie les concernant ne saurait souffrir d’un report. Les voilà arrivés sur les lieux indiqués. La traque décrétée ne va pas être une partie de plaisir. Car sur ce périmètre d’habitation, les maisons sont accoudées les unes aux autres et le risque est grand quant à un éventuel clash. Les attroupements de curieux se font de plus en plus remarquer. Slaoui et ses compères sont alertés par leurs larbins et autres courtiers du voisinage. La complicité des habitants de ces quartiers populaires compliquent souvent la tâche au cours des descentes policières. La raison est évidente : cette solidarité est loin d’être gratuite. On soudoie autant qu’on puisse pour s’assurer une couverture et se tailler une réputation de philanthrope. C’est ce qu’on appelle faire d’une pierre deux coups. Mais la détermination des agents est à toute épreuve. Encerclés et sommés de se rendre, Slaoui et ses complices se sont hâtés de monter sur les toits des maisons avoisinantes pour semer les policiers. Peine perdue. Le quartier est sérieusement quadrillé. Dans leur tentative désespérée d’échapper aux filets de la P.J, ils vont user d’un arsenal impressionnant : bonbonnes de gaz, vitriol, armes blanches et jets de projectiles sont au menu. Menaçant de faire exploser tout un pâté de maisons et versant du vitriol sur un commis de police sans oublier les jets de pierres, la bande inqualifiable de Slaoui est décidée à ne pas y aller de main morte en ce dimanche pas comme les autres. L’affaire se corse et le concours d’éléments de la sécurité publique ou de la protection civile s’avère nécessaire. Dans les annales des arrestations de bandes criminelles, la menace d’explosion à l’aide de bonbonnes de gaz est une première. Jouer aux apprentis terroristes est devenu un pis-aller pour plus d’un malfaiteur. En tout, il aura fallu pas moins de 6 heures pour venir à bout de cette association suicidaire, composée de 5 trafiquants . Il s’agit de leur maître à penser M.M alias Slaoui ; Mohamed.N, 35ans né à Salé, ayant des antécédents ; Rajaâ, 20 ans, native de Fès ;Amina , 18 ans, issue de Salé et Mohamed, 37 ans natif de Méknes. Ce dernier, recherché à maintes reprises, faisait l’objet de 45 plaintes portées contre lui. Ayant un casier judiciaire gonflé d’antécédents, sa cavale prendra fin en ce 19 octobre. Lors des perquisitions, les agents de la P.J découvrent ce qui suit :2 kg 300 de cannabis, 4 épées, 2 coutelas, 2 bonbonnes de gaz, 2 bouteilles de vitriol, 4 masques à gaz, 2 pairs de lunettes de plongeon et un scooter dernier cri. Ce butin de “guerre” donne à réflechir, surtout pour ce qui est des lunettes sous-marines. On se demande si elles ne servent pas à retirer de la marchandise du fond des eaux. Pour l’heure, tous ces trafiquants sont hors d’état de nuire. L’échauffourée qui les a opposés aux agents de la police aura de lourdes conséquences. La bande de Slaoui a été déférée devant la Cour d’appel de Rabat le 21 octobre pour association de malfaiteurs, rébellion envers autorités publiques, coups et blessures sur agent dans l’exercice de ses fonctions. Autant de circonstances aggravantes.

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