De l’arnaque à la matraque ?

Premier dossier urgent que le nouveau gouvernement doit solutionner concerne les 30.000 jobs fictifs de l’Anapec : le bilan négatif le plus spectaculaire du ministère de l’Emploi du gouvernement sortant. Les victimes, qui se comptent par milliers, battent maintenant le pavé et manifestent bruyamment un peu partout à travers le pays y compris devant le Parlement.
Le cabinet Jettou aura fort à faire pour absorber la colère de ces bataillons de floués et d’éteindre les foyers de tension lissés sur l’ensemble du territoire.
De Laâyoune, à Marrakech en passant par Casablanca et Tanger… La démocratisation de l’arnaque! Pour le moment, les pouvoirs publics ne savent pas comment s’y prendre pour régler ce casse-tête d’envergure national. Un véritable sinistre qui nécessite un plan de même dimension. Indemniser les victimes en leur remboursant les 900 Dhs de la vraie-fausse visite médicale ? Celles-ci ne veulent pas en entendre parler. Elles réclament de l’embauche, considérant à juste titre qu’elles défendent un acquis qui leur a été injustement enlevé. Sauf que les opportunités de recrutement ne courent pas les rues nationales et internationales en ces temps de crise. Alors que faire?
“Pour calmer le courroux de ces milliers de jeunes, il faut donner des têtes dans un premier temps“, estime un député. C’est le traitement politique du scandale. “Le risque est tellement grand que cette affaire sulfureuse se transforme en troubles de l’ordre public et que les victimes n’aient droit in fine qu’à la répression des forces de l’ordre“, pronostique un autre observateur. De l’arnaque à la matraque. Mais la masse des victimes de Rached ne risque pas pour autant se dissoudre dans la charge éventuelle des hommes en uniforme. Il va bien falloir ouvrir un dialogue avec les intéressés et trouver où les caser.
Avant cela, il faut penser à un endroit qui puisse réunir autant de monde. Un monde qui a rêvé des nuits entières de bateaux de croisière, se voyant habillé en uniforme de marins de luxe servant des nababs nonchalants et flamboyants.
Après un tel fantasme, le retour sur la terre ferme doit être douloureux. En attendant une solution satisfaisante, l’Anapec, où règne un climat très pesant sur fond d’accusations mutuelles, pose problème en tant qu’établissement chargé de la promotion de l’emploi.
Cette agence est plus qu’éclaboussée par le scandale, elle est touchée au coeur. Puisque son image est désormais associée à une grosse arnaque et qu’il est très difficile d’effacer cette amère réalité de l’imaginaire populaire, il convient de penser à la dissolution de l’Anapec ou du moins à sa réorganisation sous un autre nom avec une refonte en profondeur de son encadrement et de sa mission.

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