De l’eau jaillit l’espoir

Tagoudicht. Un douar dans la région d’Ouarzazate, complètement enclavé. Seul accès au patelin, une piste à peine carrossable de 17 kilomètres qu’il faudra emprunter à partir d’une étroite route communale au niveau d’une localité qui s’appelle Kurkuda. Quand le visiteur y arrive, il a l’impression qu’il est dans un autre monde.
Ce petit douar situé au coeur des montagnes de l’Anti-Atlas, perché à quelques 1.600 mètres d’altitude, est réellement coupé du monde extérieur, ni électricité, ni infrastructure. Chose qui y rend la vie très dure. Seule consolation : les paysages majestueux offerts par le site, un sol rocailleux à perte de vue, des montagnes culminant à 2000 mètres d’altitude et surtout un vide immense et silencieux.
Seulement, derrière, ce site féerique se cache une souffrance intenable. Celle-ci réside dans la pénurie de l’eau potable. Sur les quatre sources qui alimentaient le douar en eau, trois sont à sec. La quatrième, quant à elle, ne donne plus qu’un mince filet d’eau très insuffisant. L’agriculture et l’élevage sont sur le point de disparaître. Les habitants désertent leur terre natale les uns après les autres. Mais pas tous.
Certains, très attachés à leur terre, croient fermement en leur capacité de faire renaître le village en luttant contre cette pénurie d’eau. Plus de temps à perdre. Ils passent à l’action. Ainsi, ils forment une association de villageois qui va mener deux projets. Le premier porte sur la construction d’une nouvelle école pour fixer le plus possible les enfants. Le second, plus important, a pour objectif de rétablir, organiser et gérer l’alimentation et la distribution de l’eau dans le village. Ils arrivent également à sensibiliser plusieurs opérateurs autour de leur cause. Le problème de l’eau est au centre de leur préoccupation. Mais lorsque les moyens et le savoir-faire font défaut, la tâche devient vraiment difficile, voire impossible. Car il ne suffit pas seulement de creuser un puits et de construire un réservoir. Il manque des équipements pour acheminer l’eau du puits vers le réservoir puis vers les habitations et dans de bonnes conditions. Aquassistance-Maroc entre alors en lice. Cette jeune association formée de volontaires salariés de LYDEC, apportera son savoir-faire, ses moyens techniques et matériels pour que l’eau puisse se frayer un chemin vers le village.
Pour mener à bien cette mission, Aquassistance-Maroc a également trouvé un soutien financier précieux auprès de l’Agence de l’Eau de Seine Normandie. Sur le terrain, les missions se succèdent et les travaux commencent. En plus de l’engagement de ses volontaires sur le terrain qui mettront en place les équipements, Aquassistance-Maroc apportera tout le matériel nécessaire : les pompes, un groupe électrogène, les canalisations pour l’adduction de l’eau du puits vers le réservoir et pour sa distribution aux habitants et, enfin, des compteurs installés au niveau des maisons. Les travaux dureront quelques mois.
Aujourd’hui, Tagoudicht commence à changer de visage. L’eau coule de nouveau et les villageois qui sont restés, parce qu’ils y ont cru, peuvent oser envisager des jours meilleurs. Ils peuvent replanter de la verdure autour de leurs maisons. Le village reprend alors son éclat d’antan notamment avec l’apparition de petits jardins de culture vivrière. Les spectres de la sécheresse et de l’exode s’éloignent. Petit par sa taille, Tagoudicht devient grand par cette expérience inédite dont les résultats viennent récompenser la foi de ses habitants qui y ont cru et par l’effort de leur partenaire Aquassistance-Maroc qui a soutenu leur cause.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *