De Rabat à Tiznit : Plus de 600 km parcourus par la caravane de la sécurité routière

De Rabat à Tiznit : Plus de 600 km parcourus par la caravane  de la sécurité routière

Cette nouvelle génération de radars détecte la vitesse des véhicules aussi bien pendant le jour que la nuit. Ils peuvent capter la vitesse sur une distance de 1.200 mètres. C’est une distance largement suffisante pour que le gendarme ou le policier ne soit pas vu par le contrevenant. Ces radars sont également capables d’enregistrer jusqu’a 10.000 infractions.

Radars ultra-performants, sensibilisation des usagers, dons de sang, inauguration de projets… la  caravane itinérante de la sécurité routière, organisée du 21 au 23 février par le CNPAC, a parcouru plus de 600 km. Celle-ci a fait escale dans plusieurs villes dont Rabat, Benslimane, Marrakech, Agadir et Tiznit dans le cadre de la journée nationale de la sécurité routière. L’objectif étant d’inspecter et de lancer plusieurs projets liés à la sécurité routière. Tout au long de ce périple présidé par Najib Boulif, secrétaire d’État chargé du transport, accompagné de Benacer Boulaajoul, secrétaire permanent du Comité national de prévention des accidents de la circulation (CNPAC, véritable cheville ouvrière de cette initiative), se sont arrêtés sur certains projets dont voici les étapes les plus marquantes.

  280 radars ultra-performants pour traquer les dépassements de vitesse

Les usagers de la route n’ont qu’à bien se tenir. Un dispositif performant a été mis en place par le CNPAC pour détecter les dépassements de vitesse. Ainsi, 280 radars ont été distribués aux autorités concernées dont 140 pour la Gendarmerie royale et 140 pour la police nationale, en attendant la deuxième portée de radars qui sera mise en place pour 2019. «Cette nouvelle génération de radars détecte la vitesse des véhicules aussi bien pendant le jour que la nuit. Ils peuvent capter la vitesse sur une distance de 1.200 mètres. C’est une distance largement suffisante pour que le gendarme ou le policier ne soit pas vu par le contrevenant. Ces radars sont également capables d’enregistrer jusqu’a 10.000 infractions», précise Benacer Boulaajoul, secrétaire permanent du Comité national de prévention des accidents de la circulation (CNPAC), lors d’une cérémonie organisée à Rabat le 21 février 2019.

Et d’ajouter : «Nous espérons à travers ces équipements impacter le comportement des usagers et faire respecter la loi. Conjugué à la vitesse, un accident de la route a des conséquences plus dramatiques causant soit la mort, soit un handicap à vie». En termes de budget, cette opération a nécessité une enveloppe de 27 millions de dirhams. Sur le plan technique, contrairement aux radars traditionnels, ces radars de fabrication américaine permettent de mesurer la vitesse avant l’arrivée du véhicule et après avoir dépassé le radar. Ils combinent entre la vidéo et le laser ainsi que le système GPS. En plus de mesurer et d’enregistrer la vitesse, ces radars manuels peuvent capturer des preuves vidéo et des photographies des auteurs de violations du code de la route. Ils permettent également l’identification et l’enregistrement du modèle de voiture, de la plaque d’immatriculation, de l’emplacement et même des caractéristiques faciales du conducteur, avec des données géographiques détaillant les coordonnées du GPS et d’autres informations sur la circulation.

Plus de 149 MDH pour le Centre national d’éducation de la sécurité routière

Le 21 février 2019, la caravane a fait escale à Benslimane et plus précisément au chantier du Centre national de la sécurité routière afin de constater sur place les travaux en cours. Ce centre fera du Maroc un pionnier en la matière au niveau africain, a souligné le secrétaire d’État chargé du transport, Najib Boulif, à cette occasion précisant que ce projet s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale de la sécurité routière 2017-2026 qui prévoit plusieurs mesures dont certaines portent sur le comportement des usagers de la route, l’éducation et la formation et d’autres sont relatives aux infrastructures, aux véhicules et à leur état mécanique. En termes de chiffres, ce projet est étalé sur une surface de 5 hectares dont 3.939 mètres carrés sont couverts. L’espace réservé à la piste est de 39.290 mètres carrés. En termes de financement, le budget d’investissement est de 149,8 millions de dirhams. Ce centre vise à créer un espace clôt reproduisant les principales configurations de la route et permettant de faire vivre les risques liés à la conduite et les éviter. Le projet compte des salles de cours équipées par un matériel audiovisuel et informatique. Ce centre sera destiné dans un premier temps aux professionnels avant d’être ouvert à l’ensemble des citoyens. Il dispose entre autres de plateaux d’exercices avec des pistes fermées et protégées et des plateaux d’exercices reproduisant des situations à risque, une ligne droite, un virage et une pente pour les exercices pratiqués.

Les enfants sensibilisés pour la conduite en vélo 

Dans l’après-midi la caravane a été accueillie par les enfants de l’école Zohra à Marrakech. A l’entrée de l’école, l’association Pikala y a tenu un atelier de réparation de vélos avec l’assistance de cyclistes professionnels. «La bicyclette est le premier moyen de transport des enfants. Pour créer un impact positif dans le domaine de la sécurité routière il faut commencer avec les enfants. 50 vélos ont été réparés grâce à nos 6 cyclistes professionnels d’Angleterre et de Hollande. Sur place, plus de 100 enfants ont pu bénéficier de cet atelier de nos experts. C’est un projet qui sera lancé dans d’autres villes prochainement», explique Cantal Bakker, directrice de Pikala. A l’intérieur de l’école, les enfants ont participé à des jeux sur l’éducation routière et la conduite en vélo. Les enfants ont reçu des permis de conduire symboliques en guise d’encouragement.

Des projets d’aménagements lancés à Marrakech

A la commune de Souihla à Marrakech, le secrétaire d’Etat a lancé les travaux de réalisation d’un carrefour giratoire au niveau de la route nationale 8. Ce point connaît le passage de 15.642 véhicules. Le projet nécessite une enveloppe budgétaire de 4,4 millions de dirhams et le démarrage des travaux est annoncé pour le mois de mars. Par ailleurs, une passerelle piétonne métallique d’une longueur de 35 mètres et érigée à une hauteur de 5 mètres, se trouvant dans la route nationale numéro 7 dans la ville de Tamansourt, a également été mise en œuvre.

Aménagement urbain: Un guide destiné aux acteurs locaux présenté

Dans la matinée du 22 février 2019, la caravane s’est rendue au siège du conseil de la région du Souss-Massa pour la présentation d’un «Guide référentiel pour aménagements de sécurité routière dans le milieu urbain», destiné aux acteurs locaux. Ce document exhaustif comporte tout ce qu’il faut respecter pour la réalisationdes aménagements liés à la réduction de la vitesse, des aménagements liés aux dimensions des voies, des intersections, des carrefours giratoires, des intersections avec les lignes de TCSP, des aménagements des zones de stationnement, les aménagements pour piétons, des aménagements cyclables, des aménagements aux abords des établissements scolaires, des aménagements aux abords des établissements hospitaliers et administratifs, des aménagements aux abords des centres commerciaux et de loisirs, des aménagements aux abords des gares routières et ferroviaires, des aménagements liés aux chantiers urbains et la signalisation. Ce guide a été élaboré suite aux études réalisées par le CNPAC concernant l’identification des zones d’accumulation des accidents de la circulation en milieu urbain.

Gare routière Inzegane: Les professionnels de la route ciblés par une campagne de dépistage

A la gare routière d’Inzegane, le CNPAC; en collaboration avec l’Association marocaine des médecins agréés à certifier l’aptitude médicale au permis de conduire (Asmamap) a organisé dans la même journée au profit des professionnels de transport une campagne de sensibilisation et de dépistage dans le cadre de la journée nationale de la prévention des accidents de la route. «Cette campagne consiste à faire les examens cliniques et tous les examens nécessaires pour pouvoir évaluer l’aptitude à la conduite de ces professionnels. En contrepartie quand on décèle une anomalie ou une pathologie quelconque qui peut compromettre la conduite ou oriente l’intéressé : Si par exemple il a besoin de lunettes de compensation ou des prothèses auditives on va leur livrer cet équipement gratuitement, la prise en charge sera en fonction des besoins. Examen de la vision, appareils auditifs, appareils cognitifs, le diabète, l’hypertension, trouble de sommeil…On essaye de faire le tour sur l’ensemble des pathologies et des six classes qui peuvent constituer une contrainte pour la conduite», explique Mohamed Riad, vice-président de l’Asmamap. Pour sa part, Izigui El Houssein, de l’Association des transporteurs et agences et leurs représentants (Atar) dans la région au niveau de la gare routière d’Inzegane, explique que «c’est une initiative destinée aux conducteurs ayant la carte professionnelle et nous avons enregistré aux premières heures de l’opération plus d’une centaine d’inscrits».

Tiznit : Un centre d’éducation routière inauguré 

Un peu plus au sud et plus précisément à Tiznit, le secrétaire d’Etat chargé du transport a inauguré un centre interactif d’éducation routière. Formant une centaine d’élèves par semaine, il est composé d’un réseau de pistes cyclables avec des panneaux de signalisation sur une superficie d’environ 6.978 mètres carrés. Les bâtiments attenant à cet espace comprennent une piste de 50 mètres carrés, une salle d’examen, des bureaux, des vestiaires, des espaces de stockage, une salle d’examen et une buvette. Au total, la superficie totale des bâtiments construite est d’environ 270 mètres carrés. Actuellement, 3 centres de ce genre sont opérationnels et d’ici la fin de l’année 7 seront réalisés. Ils visent entre autres à enseigner aux enfants les règles de base de la circulation routière par le biais de simulations cyclistes.

Les accidents de la route coûtent 15 milliards DH chaque année

Nos routes sont meurtrières et les pertes humaines sont considérables. Rien qu’en 2018, plus de 3.000 morts ont été enregistrés. «A l’horizon 2026 on espère réduire le nombre de décès liés aux accidents de la route à 50%, soit moins de 2.000 morts par an», précise le ministre de l’équipement, du transport, de la logistique et de l’eau, Abdelkader Amara, lors du Forum régional sur la sécurité routière en faveur des instructeurs de conduite de la région qui s’est déroulé le 23 février à Agadir ajoutant que les accidents de circulation coûtent 15 milliards de dirhams chaque année au Maroc.

En termes d’infrastructures, 5 à 6 milliards de dirhams sont destinés annuellement pour améliorer les routes, a expliqué le ministre. Par ailleurs, il a insisté sur le fait que le facteur humain continue d’être la première cause des accidents de circulation (90% des cas). Dans ce sens, il a mis l’accent sur l’encadrement du comportement des usagers et le rôle des moniteurs dans cette stratégie.

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