Démantèlement d’un réseau de trafic de graisse

Les faits «paraissent incroyables, mais c’est la vérité», a dû insister le ministre de l’Intérieur Otavio Salazar vendredi, devant l’incrédulité générale. «Il faudrait établir pourquoi il y avait une  demande à l’étranger». Dans cette affaire aux contours encore incertains, le mythe rejoint la réalité: la bande soupçonnée s’appelait les «Pishtacos». Ce contexte a d’ailleurs compliqué l’enquête, car les habitants des zones rurales concernées, par peur de disparaître eux aussi, n’ont pas dénoncé des faits connus. Quatre Péruviens, trois hommes et une femme, ont à ce jour été arrêtés début novembre, à Lima et Huanuco, à 400 km au nord-est.
Sept personnes au moins sont recherchées, dont deux ressortissants italiens identifiés à partir de communications téléphoniques, a indiqué à l’AFP le procureur Jorge Sans. A ce jour, un seul meurtre est avéré: un homme de 27 ans enlevé mi-septembre dans la région de Huanuco, et dont des restes ont été retrouvés.
Dix-sept litres de graisse d’origine humaine ont été saisis.
La police, s’appuyant surtout sur des aveux, a livré de  nombreux détails sordides sur le sort des victimes décapitées, dépecées, la graisse extraite du thorax par suintement, à la chaleur de bougies. Cette macabre alchimie a été réalisée pendant 2-3 jours dans des maisons abandonnées ou isolées. Les intermédiaires italiens soupçonnés «achetaient apparemment la graisse aux détenus, pour ensuite la vendre à des laboratoires européens», a souligné le juge. Le prix pouvait atteindre 15.000 dollars le litre (10.000 euros), selon la police.
Le nombre de victimes est inconnu. Le leader présumé de la bande Hilario Cudena, 56 ans, en a mentionné «plusieurs» étalés sur plus de 30 ans. Du coup, une soixantaine de disparitions survenues depuis plusieurs années dans la région paraissent suspectes à la police. Mais elle n’a retrouvé aucun autre des restes humains, «jetés  dans des rivières ou des précipices», selon les suspects. L’incertitude entourant l’affaire a été nourrie par le scepticisme de plusieurs chirurgiens péruviens, cités dans la presse vendredi.

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