Démocratie cache-misère

Démocratie cache-misère

Depuis l’indépendance de notre pays, l’exercice du pouvoir a donné lieu à des situations exceptionnelles, lesquelles ont mis en évidence des disfonctionnements majeurs. Des militaires de haut rang, mûs par des instincts criminels, ont en effet commis des actes abominables contre les institutions et les symboles politiques de leur pays. Rien n’a pu arrêter leur traîtrise. Aujourd’hui, alors que le Royaume est en pleine restructuration, des fonctionnaires également de haut rang cherchent, par-ci par-là, à prendre l’Etat en otage, à travers des systèmes  de chantage éhontés  Ces actes de fonctionnaires anciens ou en exercice donnent de certains commis de l’Etat, une triste image d’individus suspects, incapables d’assumer leurs responsabilités et prompts à retourner leur veste à la première réaction des pouvoirs publics qui leur est défavorable
Certes, le royaume, tel qu’en lui-même, fier de treize siècles d’un vécu authentique et  d’une large expérience, à nulle autre pareille dans le Maghreb, a constamment eu les ressorts qu’il faut pour déjouer les complots fomentés contre sa souveraineté et son indépendance, qu’ils viennent du dedans ou du dehors. Mais ne faut-il pas, à l’occasion de ces événements, se poser la question de savoir si l’Etat lui-même n’est pas fautif par négligence et manque de rigueur  à l’occasion du choix de ses commis ? Il est quand même utile de rappeler qu’au centre de toutes ces mésaventures, il n’a jamais été question de l’implication de citoyens ordinaires mais de fonctionnaires dont le choix initial était fait avec légèreté et c’est le moins qu’on puisse dire.
Si  les voleurs profitent de la nuit pour opérer les traîtres quant à eux  sévissent en usant de l’amalgame, des slogans et de la provocation.
Ils utilisent tous les arguments pour dénigrer leur pays et toutes les opportunités pour servir des desseins inavouables. La démocratie, dans ces conditions ne doit pas leur  servir d’alibi. Le Maroc me semble-t-il, ne peut faire face aux défis économiques de la mondialisation et à la mobilisation des citoyens autour d’un nouveau projet de société que dans le cadre d’un  Etat fort de ses droits et respectueux de ses obligations, un Etat capable de mettre en échec les projets des  félons de tous genres. Ne faudrait-il pas arriver très vite à mettre les citoyens et les fonctionnaires sur un pied d’égalité devant la loi ? Comment justifier l’impunité dont jouissent parfois ces derniers pendant l’exercice de leurs fonctions et les multiples excuses qu’on arrive à trouver à leur dérapage? Cette  discrimination nuit d’abord à l’Etat et à sa crédibilité. Elle n’a aucune raison d’être. Est-ce à dire que  cela plaide pour un quelconque recul de la démocratie ?
En réalité non, car les démocraties se construisent avec les démocrates et non avec les illuminés et les infidèles qui ne reconnaissent comme loi que la leur. Quand l’Etat prend en charge pour plus de 15% du produit intérieur brut du pays ses commis et ses fonctionnaires centraux et régionaux, il est en droit d’exiger d’eux une fidélité absolue sinon au moins  le devoir constant de réserve, eux dont la légitimité dépend de ses décisions alors que l’Etat lui tient sa légitimité et sa  raison d’être de la volonté du peuple entier.  Devons-nous aider ceux-là mêmes qui visent la déstabilisation de l’Etat et de ses rouages?
A l’aune de la  légitimité, le Maroc, menacé constamment par une Algérie officielle ingrate, ne doit avoir qu’un souci majeur, celui de devenir la première puissance régionale du Maghreb et il en a les moyens. Il peut compter sur les Marocains. Ils ont montré depuis la Marche verte que pour les vraies causes ils savent se mobiliser pour que le Royaume garde en permanence son prestige et son honorabilité et fasse obstacle à la félonie.

Par Abdelhadi Alami
 Membre du Bureau exécutif du RNI

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