Des chiffres alarmants

Quelque 834 cas de Sida ont été recensés au début de l’année dernière. Un chiffre qui a pu, malheureusement, augmenter depuis lors. Il s’agit de personnes déclarées malade c’est-à-dire qui ont déjà dépassé la première phase d’atteinte du virus. Les cas séropositifs non encore diagnostiqués ne sont donc pas inclus. De source proche du service des MST/sida au ministère de la Santé, on indique que le taux de prévalence reste faible. Et la situation est jugée «relativement privilégiée» par rapport aux pays les plus touchés, comme l’Afrique subsaharienne et l’Asie. Mais le risque demeure toujours.
Au Maroc, la maladie se transmet à hauteur de 68% par voie sexuelle. Les autres modes de contamination sont la transmission périnatale (de la mère à l’enfant), par injection intraveineuse (drogue) et transfusionnelle. Ces cas restent cependant limités.
Le ratio de contamination est de deux hommes pour une femme. Mais il est appelé à s’inverser dans les prochaines années en raison de l’augmentation du nombre des femmes atteintes au niveau mondial. La maladie est concentrée à Casablanca, Agadir et Marrakech, vraisemblablement à cause de la vocation touristique de ces villes. La répartition par âge et par milieu d’origine montre que la population la plus touchée est plutôt jeune et urbaine. Ainsi, 72% des personnes atteintes sont âgés entre 15 et 39 ans et 87% vivent en milieu urbain. Quelque 100 malades sont subventionnés par le Fonds de Solidarité Thérapeutique International (FSTI) et quelques-uns sont pris en charge par leur employeur, d’autres par une assurance-maladie. Les autres attendent l’aide d’ONG nationales ou internationales. Il est à noter qu’un traitement de tri-thérapie (le plus efficace à l’heure actuelle) coûte pas moins de 6.500 DH par mois et par personne. Le ministère de la Santé dispose, à ce sujet, d’un budget de 4 millions de DH.
Des bailleurs de fonds étrangers, comme le Fonds de Solidarité Thérapeutique International, participent aussi à l’achat des médicaments. Une stratégie nationale pour le diagnostic et la prise en charge de l’infection à VIH/Sida a été enclenchée depuis 1998.
Thami El Khyari, le ministre de la Santé, avait déclaré qu’il s’agissait aussi de renforcer les huit centres référents régionaux que compte le pays en les dotant de plus de moyens. Objectif: rapprocher les soins via la décentralisation des tests de laboratoires. Le plan accorde une grande place au suivi des tendances de la prévalence de l’infection dans les groupes vulnérables de la population comme les jeunes. Aux côtés des CHU de Casablanca et Rabat, deux nouveaux pôles d’excellence seront créés au niveau des CHU de Marrakech et Fès.

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