Des chômeurs convertis en serveurs

S’il y a une chose que redoutent le plus les jeunes fraîchement diplômés, c’est bien de ne pas trouver du travail. Et si on leur évitait le chômage ? Non, non, ce ne sont pas des paroles en l’air, mais un objectif que s’est fixé une association très active à Salé. Il est vrai que cette mission s’apparente à un challenge, mais qui ne risque rien n’a rien, comme dit l’adage, alors jetons-nous à l’eau! L’Organisation marocaine pour l’équité familiale (OMEF) a suivi cette réflexion et a inscrit tout naturellement ses projets dans le cadre de l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH).  A Hay Al Kifah, classé parmi les zones les plus démunies de Salé, l’OMEF a concocté un projet 100% pour et par les jeunes. «C’est par là que tout a commencé. Des jeunes de ce quartier se sont présentés à l’association en me disant qu’ils voulaient absolument travailler avec une telle ferveur que je suis restée figée», raconte Hayat Bouffarrachen, fondatrice de l’OMEF. Un SOS en guise de révolte contre le chômage. Il aura fallu y réfléchir et agir avec célérité. «Au départ, j’ai demandé à quelques uns de ces jeunes diplômés de venir travailler dans l’alphabétisation. Mais cela voulait dire aussi que plusieurs resteront sans travail», avoue Hayat. Alors que faut-il faire ? Lancer une initiative qui permettra à un plus grand nombre de ces diplômés de pouvoir « s’émanciper », voler de leurs propres ailes. L’OMEF a donc réuni les jeunes du quartier et voyant qu’ils étaient en majorité des techniciens dans le domaine de l’hôtellerie, il n’y avait plus qu’à mettre au point un projet axé sur leur spécialité. «Vous pouvez créer une union grâce à laquelle vous proposerez vos services», leur a lancé Hayat. Eh bien, elle a vu juste. Son idée a rapidement été « votée » par l’ensemble des bénéficiaires. Ils deviendront serveurs et assistants de traiteurs et pourront donc recevoir des commandes de toute personne ayant besoin de leurs services. Quelle émotion que de se sentir enfin indépendant ! A ces jeunes, on a offert des uniformes, un local dans le même quartier et du matériel (communication) afin de gérer leur petite affaire. «Un comité de gestion sera constitué pour cela. Il devra fixer les prix et veiller à l’organisation», explique l’initiatrice. Il est vrai que le projet attend toujours le versement du budget nécessaire à sa mise en place, mais cela n’amenuise pas l’enthousiasme. «En tout cas, tous les comités de l’INDH ont répondu très favorablement à ce projet. Nous n’attendons que le déblocage de l’argent», précise Hayat. La somme en tout et pour tout n’est que de 160.000 DH. Ce projet ne coûte pas cher et les idées non plus, alors si on creusait un peu plus dans ce chemin, la résorption du chômage pourra trouver plusieurs voies dans les quartiers les plus démunis. «Ce projet concerne une vingtaine de jeunes ayant presque le même profil. Ils seront formés par l’Entraide nationale et par un traiteur qui a de l’expérience. Ensuite, ils seront prêts !», annonce cette militante.
Un deuxième projet dans le même cadre. Pourquoi pas ? Pour offrir un travail aux jeunes, l’OMEF compte élargir un projet qu’elle avait déjà mis en place à Al-Karia : des garderies où des mères qui suivent les cours d’alphabétisation peuvent confier leurs enfants. Trois de ces garderies gratuites seront créées, toujours dans le cadre de l’INDH, à commencer par Laâyayda. Tout est question de volonté et nos jeunes en ont à en revendre !

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