Des enfants utilisés par les mendiantes

Il est 17 heures, une demi-heure avant la rupture du jeûne. Devant les grandes pâtisseries et les boulangeries de Casablanca, mais aussi des autres villes et villages du pays, sont installées confortablement contre les murs, des femmes âgées demandent la charité. Entourées de deux ou de trois enfants. Un bébé sur les genoux et deux autres gosses, surveillés de près pour éviter les dangers de la circulation. Un regard inquisiteur démontre aisément que les trois poussins ne sont pas de la même couvée. Elles assaillent les passants, les interpellent, les narguent et les targuent. Qui sont-elles ? Généralement, elles sont issues de la campagne ou de la périphérie des grandes villes. C’est donc en premier lieu, l’exode rural qui alimente la mendicité ajoutant ses misères à celles des villes, nées du dénuement et du chômage. Dès qu’elles arrivent en ville, elles procèdent à la location d’une chambre dans un quartier populaire. Leurs âges et leur façon de communiquer leur permettent de nouer facilement des relations qui serviront au «métier.» L’enfant, qui constitue la relève de demain, devient malheureusement un outil de travail, un appât efficace. Comment agissent-elles ? Durant ce mois de Ramadan, rares sont les personnes qui peuvent ne pas céder à la demande de ces mères poules. Leurs armes est malheureusement les enfants présentés dans un état qui donne pitié. Rares sont ceux qui peuvent résister aux regards implorants de ces petits innocents, à plus fortes raisons à ses armes, souvent provoquées pour attirer l’attention du passant et crèer chez lui un sentiment de pitié. « Qui donne aux pauvres, donne à Dieu », répètent-elles tout au long du boulot. On parle d’un réseau de location d’enfants et l’on arrête même, de temps en temps, des voleuses d’enfants destinés à la manche. Etre pauvre ne veut pas dire se livrer à de tels comportements qui portent préjudice à nos valeurs et à notre société qui est toujours caractérisée par la solidarité. La mendicité, fruit de l’injustice, de l’inégale répartition des richesses de ce monde, des intempéries, a toujours existé. Mais lorsqu’elle devient une profession, ça interpelle à plus d’un titre.

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